Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de terresenroueslibres. Un voyage autour du monde à bicyclette

Articles avec #canada tag

Mai 2019 : Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -

26 Septembre 2019 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #Canada, #Québec, #Amérique du Nord

Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -

RETOUR AU QUÉBEC .

En terminant l’année 2018 à Montréal, l’idée de revenir au Québec nous semble une évidence.

Notre traversée du Canada à l’automne avait été très plaisante et les quelques semaines passées à Montréal et Québec city, un enchantement.

Nous laissons passer le long hiver québécois en allant passer le notre en France ...

DÉBUT MAI 2019.  
CÔTE NORD  &  LABRADOR.
De retour à Montréal, nous partons aussitôt pour un grand tour des " maritimes ". Les maritimes sont les territoires qui bordent la totalité du golfe du saint-Laurent. 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
   
Très vite en quittant Québec par la côte nord du saint-Laurent, l’habitat se disperse, la circulation est fluide. Cette route 138 est une légende, se perd dans l’immensité du golfe.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Les communes de Baie-Comeau ( à 400 km, 30 000 hts ) et de Sept-Îles ( à 600 km, 19 000 hts ) sont les deux seules villes de cette route. Les quelques villages et hameaux s’égrènent de loin en loin jusqu’à Kegaska où la route 138 se termine. 
Nous y arriverons le 13 juin.
 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -

Ensuite, le cargo/ferry "Bella Desgagnés" assure la correspondance jusqu’au village de Blanc-Sablon 400 km au nord-est. Durant ce parcours de 36 heures, le cargo s’arrête dans des villages amérindiens accessibles uniquement par la mer. Le passage hebdomadaire du bateau est un évènement. Pendant le chargement et déchargement du fret, les quelques passagers sont autorisés à descendre ... 

Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
 
Nous étions partis de Montréal depuis moins d’un mois et nous retrouvions ici, l’ivresse des grands espaces et au delà, les panoramas de notre chemin initiatique. 
Se sentir de nouveau vivre et rayonner, se sentir terriblement à notre place. 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Le spectacle tout en technicolor était sublime. Le cargo serpentait dans un labyrinthe d’îlots. Partout de la lumière et du vent à l’infini de bleu venaient saluer notre émotion. Les rares passagers étaient comme nous sur le pont et observaient les nombreux cétacés qui régulièrement, remontaient à la surface. Nous apercevions aussi notre premier iceberg. 
Notre vie est pleine de première fois et notre vie ordinaire de voyageurs nomades est chaque jour extraordinaire.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Le 29 juin, la grue du cargo déposait le container de Raymonde et Félicie 
( nom de nos bicyclettes ) sur un bout de quai à Blanc-sablon.
Nous étions à 1 550 km au nord-est de Montréal, aux portes du Labrador. Rouler quelques jours au Labrador pour aller humer les embruns de l’Atlantique nous semblait une bonne idée. 
Une boucle de 380 km nous permet d’atteindre le petit village de Mary’s Harbour qui se trouve à l’extrême pointe est du continent nord américain. 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Les bouts du monde se méritent. Celui-ci ne fait pas exception.
Cette route fût vraiment exigeante et la météo ... exécrable. 
Poursuivre une direction jusqu’a son terme géographique, à l’est, à l’ouest, au nord ou au sud est toujours un temps fort du voyage. 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
En arrivant à Mary’s Harbour sur la jetée du port, c’était la fin. Dernière route, dernière possibilité de nous déplacer à l’est sur ce continent nord-américain. Devant nous, les eaux de l’Atlantique nord faisaient défiler des icebergs tantôt bleus, gris ou blancs selon la lumière. Nous étions seuls au monde sur cette jetée. Ces instants sont uniques et restent étincelants dans nos souvenirs. 
Le retour à Blanc-sablon marqua la fin de cette première partie continentale côte-nord/Labrador.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Première partie qui nous a surpris. Tous les québécois nous avaient promis les pires difficultés et nous avaient souhaité bien du courage. C’était, selon eux, une folie de monter " la côte nord " en ce début du mois de mai. 
Le vent, le froid, la pluie étaient encore terribles et les ours, excités de l’hivernage, intenables. De plus, les moustiques, mouches noires et midges nous dévoreraient.
La réalité a été plus plaisante. Aucun ours n'est venu nous agresser et nous avons eu effectivement tous ces désagréments mais à des doses largement supportables.
La route souvent déserte nous offrait ses espaces de silence, ces instants de reliance avec l’ineffable que nous affectionnons tant.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Le soir, trouver et monter notre tente sur des spots extraordinaires était facile et plaisant. Le camping sauvage est autorisé au Canada.
Nous aimons faire du camping sauvage. La recherche du bivouac est un joli moment de la journée, ludique, plein de surprises. Terminer la journée par un campement libre, c’est rester dans l’harmonie de la route, continuer ce corps à corps avec la nature. 
Il est  pourtant facile, maintenant, avec l’informatique d’organiser et de réserver ( ! )
son couchage dans tel camping ou auberge. Cela ne nous intéresse pas. 
Nous ne savons pas où nous dormirons le soir et ne désirons pas le savoir. Les journées libres de contraintes sont la porte ouverte à l’imprévu. Alors seulement le voyage commence. L’intuition et les hasards du chemin sont les meilleurs compagnons du voyageur .

 

Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mais, revenons aux maritimes et à notre embarquement pour 
Terre-Neuve.
 
UN FERRY PLUS LOIN.
TERRE-NEUVE
 
Les dernières voitures disparaissaient et le silence retombait sur Sainte-Barbe, au nord-ouest de l’île. En prenant plein sud, la route de la côte ouest, nous allions continuer à longer le golfe. 
Terre-Neuve est 5 fois plus petite que la France, mais il y a seulement 450 000 habitants ! Les îles sont toujours plus authentiques, brutes et denses que les continents.
Nous avons pris 11 jours pour effectuer les 535 km de route jusqu’au village de Port aux Basques et l’embarquement pour la Nouvelle-Écosse. L’hospitalité des habitants de l’île est légendaire. Nous serons invités 3 fois spontanément et passerons nos autres nuits en camping sauvage. 
Ici, comme nulle part dans le golfe, la côte est vierge de toute construction récente. La désertification rurale est le gros problème de l’île qui ne cesse de perdre des habitants. L’île a des atouts économiques à développer, comme la pêche et le tourisme mais les jeunes préfèrent les "lumières et le confort" de la ville. 
Tout est à vendre à Terre-Neuve. Pourtant, nous y avons vu des paysages maritimes exceptionnels où l’horizon se déploie entre terre et mer.
Les landes, les tourbières et les petites criques qui se succèdent à l’infini semblent désormais
endormis pour longtemps ...
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
NOUVELLE-ÉCOSSE ET L’ÎLE DU PRINCE ÉDOUARD
 
Changement de décor le 6 juillet en revenant sur le continent en Nouvelle-Écosse. 
La saison estivale commençait.  Des milliers de bus camping-cars, d’énormes caravanes, sillonnaient les routes. Nous les évitions facilement en empruntant le réseau secondaire. Sur celui-ci, les fraises et framboises sauvages étaient mûres et nos arrêts fréquents. 
Les paysages étaient plus champêtres, les bourrasques de vent et les dénivelés de Terre-neuve avaient disparus.
 À Pictou, le ferry qui dessert l’île du prince Édouard est gratuit pour tous. Un réseau de pistes cyclables permet d’accéder à toutes les parties de celle-ci. Tantôt en forêt ou en campagne ou longeant la mer, nous avons passé 3 jours pratiquement sans croiser de voitures. 
Et pendant notre séjour l’alternance de pluie et de soleil couvrit les sous-bois de girolles et bolets. Le bonheur.
À l’ouest de l’île un pont de 13 km permet de rejoindre le continent et d’arriver au Nouveau-Brunswick.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
NOUVEAU-BRUNSWICK
 
L’été et notre route maritime se poursuivait avec du soleil et de la pluie. Nous étions en plein mois de juillet et les quelques campings regroupaient les vacanciers sur les sites touristiques. Retrouver une vrai douche, de l’électricité et une connexion amène les cyclo-voyageurs à préférer certains soirs un camping.  
Les canadiens et les québécois ne sont pas des gens bruyants mais les campings n’étaient jamais silencieux à cause des clim et des groupes électrogènes des camping-cars et caravanes que nos voisins allumaient trop souvent. 
D’autre part, la tonte des gazons ne souffre d’aucune négligence et il y avait très fréquemment une tondeuse slalomant dans les villages. Nous retrouvions le calme et le silence en reprenant nos robinsonnades le lendemain. ( nuits en camping sauvage ) 
La pêche est l’économie principale du golfe du saint-Laurent. 
Shédiac, la capitale mondiale du homard est une zone de pêche de tout premier ordre. 
Du mois d’avril à juillet elle est autorisée pour les homards et des crabes des neiges. Notre fréquentation des poissonneries était assidue et nos mayonnaises à la fourchette, remarquables.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
L’ACADIE
En arrivant à Shédiac, nous arrivions aussi en Acadie. Le drapeau acadien flottait sur tous les édifices publics. Il est parfaitement identique au drapeau français avec une étoile jaune dans le bleu. La nation acadienne n’existe pas mais les 150 000 acadiens défendent la langue française, leur histoire, leur identité, leur singularité en déclinant leur drapeau partout. Les pots de fleurs, les relax, les volets, les portes, etc, tout est bleu, blanc, rouge. Dire que nous avons été reçus et choyés est un euphémisme ...
Le littoral acadien n’est pas bien grand.  Petit à petit nous arrivions en Gaspésie. 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
LA GASPÉSIE
 
La Gaspésie est la destination préférée des québécois pour leur vacances d’été. Son micro climat offre de très belles journées et 
les eaux les plus chaudes du golfe du saint-Laurent, notamment 
dans la baie des chaleurs, à Campbellton.
Les petites baies se succèdent abritant les villages. 
La Gaspésie est le littoral le plus touristique du golfe mais l’urbanisation reste aux antipodes de nos bords de côtes européens.
Pendant un mois nous croiserons chaque jour 5 ou 6 cyclo-voyageurs. Un record depuis la carretera australe, au Chili en 2014.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Partis de Québec le 21 mai 2019, nous y revenions 3 mois plus tard. Le 20 aout précisément, après 4 700 km de route.
Durant cette période nos hébergements se décomposèrent ainsi :
25 nuits en aire de camping payant
53 nuits en camping sauvage
   9 nuits chez l’habitant ( formule warmshowers ou invitation spontanée )
  4 nuits en dortoir, en auberge de jeunesse.
 
En terminant cette route des maritimes, nous fêtons nos  70 000 km  de voyage.
Cette route littorale était dans l’ensemble assez facile et disposait, comme la quasi totalité des routes du Québec et du Canada, de bandes d’arrêt d’urgence, bien pratiques pour pédaler en sécurité.        
Les canadiens/québècois conduisent avec prudence et courtoisie. 
Cette boucle marine est une très belle destination pour un voyage avec des enfants ou pour la découverte de la cyclo-randonnée.
 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -

Le 7 septembre 2019, nous sommes rentrés aux USA par l'état du Vermont. Direction New-York et Washington .

Lire la suite

Un automne au Canada - 8 août 2018 / 26 novembre 2018

17 Novembre 2018 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #Canada

Un automne au Canada - 8 août 2018 / 26 novembre 2018

La petite ville de Cardston dans l'Alberta est paisible au milieu des blés à 20 km des États-Unis. Le camping situé au centre ville nous convient pour nous reposer après notre sprint américain.

Dans quelques jours nous reprendrons nos bicyclettes pour un autre sprint.
 Il nous faudrait arriver à Québec avant l'hiver ...
Notre route est simple, s'annonce plaisante. Longer la frontière en traversant l'Alberta, le Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario pour arriver au Québec, à Québec avant d'être bloqué par la neige. 
4 400 km nous sépare de la ville de Québec.
 
 
Un automne au Canada - 8 août 2018 / 26 novembre 2018
L'été se traine sur l'avenue et les gazons se colorent des premières feuilles de l'automne. Nous préparons notre départ.
Le Canada est un grand désert. La moitié des 36 millions de canadiens vivent dans les villes et les agglomérations d'Ottawa, Toronto, Montréal, Québec. 

 

Les territoires de l'ouest, 
L'Alberta, le Saskatchewan, le Manitoba.
Les machines agricoles pareilles à d'énormes paquebots semblent immobiles et perdues dans ces mers de blés qui cernent notre route. Les derniers épis viennent mourir en contrebas du talus comme les vagues sur une plage. La route vient rompre les larges lignes de coupes que les moissonneuses laissent derrière elles. Comme les bateaux à l'approche de la côte, elles choisissent un chemin plus sûr et s'éloignent en laissant une odeur de foin coupé, une envolée d'oiseaux. 
Alors nous poursuivons notre route pour retrouver plus loin, les blés d'avant la moisson, la houle des épis dans le vent, les couleurs de l'été. 
Une fois de plus, nous sommes seuls au monde sur ces routes agricoles. Régulièrement de monumentales machines investissent un coin d'horizon et commencent leur va-et-vient dans un balai sans fin. L'homme a disparu de ces danses mécaniques. Nous retrouverons sa compagnie au prochain village, ce soir ou demain. Nos réserves d'eau seules décident de la route. Nos prévoyantes provisions nous offrent le loisir de bivouaquer à notre guise. 
Le soir, nous nous écartons de la route pour monter nos campements.   Le bruit des rares voitures disparait. L'obscurité, le silence bordent notre sommeil jusqu'au matin.
Les possibilités de bivouaquer librement sont infinies. Nous "robinsonnons" pratiquement tout les soirs dans "les territoires de l'ouest". Nous trouvons un jour sur l'autre un petit village pour les courses basiques. Une cyclo-randonnée au Canada du sud ne pose aucun problème de logistique.
Quelquefois, une alternance de déserts troublait l'ordre des journées. Après un désert de blé commençait un désert de landes. Nous aimons les déserts où aucune distraction ne vient déranger nos pérégrinations mentales. 
Déserts d'eau, de sapins, de sables ou de blés. Les déserts offrent par leurs silences, la reliance au temps. Temps intérieur de reliance, avec soi ou à l'intime du chemin. 
Parallèlement leurs immensités nous connectent avec l'espace.
Possible pont avec le sacré. Les déserts sont l'évidence du chemin. 
Les arbres que nous voyons depuis quelques jours sont plus nombreux, leurs fréquences rapprochées. Les oiseaux annoncent des zones humides plus vastes. Les paysages prennent quelques rondeurs, la route s'élève, les bosquets se transforment en forêts. Nous arrivons en Ontario.
Depuis notre arrivée au Canada nous goutons à la magnifique hospitalité des canadiens. Dans notre palmarès planétaire, le Canada se situe dans le groupe de tête des pays les plus accueillants. Dans la vie quotidienne, le respect de l'autre, de la propriété semble être la seule norme. 
De plus, les routes sont sures, les limitations de vitesse respectées, 
la conduite "comprise". 
Depuis quelques jours nous cyclotons avec Thomas. Comme nous, il se rend à Montréal. Nous choisissons de voyager ensemble après notre rencontre dans le Saskatchewan. Après 3 semaines de routes partagées, Thomas file seul à Montréal. 
Nous préférons les déserts de sapins et de pins. Surtout en automne pour les cèpes.
Notre bassine était toujours pleine en fin de journée. Ici, pas besoin "d'aller aux cèpes" pour en ramasser. Un œil sur la route et l'autre sur le talus, la cueillette ne trainait pas. Le soir, nous cuisinions les plus beaux.
La route 17 longe le lac Supérieur, le plus grand lac d'eau douce de la planète. Nous bivouaquions souvent avec nos champignons, sur les plages de ce géant aussi grand qu'une mer.
Les premières journées de pluie furent bienvenues. La météo annonça vite le retour du soleil mais pas celui des champignons. Nos scannages de talus devinrent impitoyables.
Au dessus de nous, très haut dans ces ciels d'automne, des milliers d'oiseaux mûs par un instinct sans faille, prenaient la direction du sud et coupaient notre route. Leurs cris trahissaient leurs présences. C'étaient des oies sauvages. Leur formation ondulait comme des lianes gigantesques. Les oiseaux, alternants planés immobiles et battements d'ailes, rompaient alors ces fragiles colonnes qui aussitôt se reformaient encore plus grandes, toutes différentes. Remplacements permanents des premières qui se laissaient glisser pour laisser la direction du groupe à d'autres. Chacune jouant là-haut la même mystérieuse partition. Le froid était maintenant plus sensible, la clarté et l'ensoleillement diminuaient.
Comme elles, nous allions nous aussi rejoindre des terres plus hospitalières. Notre route à nous était lente et nous arrivions petit à petit au Québec.
24 octobre 2018, au Québec,
Notre route 2018 s'achève . Nous sommes à Québec. Le Saint-Laurent est devant nous et ici s'ouvre la baie où il mêle ses eaux à celles de l'Atlantique nord. 
Le studio du quartier Limoilou que Charles nous offre est central, à 20 minutes à pied du centre historique. Charles, nous l'avions croisé sur la route, une fin d'après-midi, il y a 1 an 1/2 en Équateur. Le courant était passé et les correspondances avaient suivies, réciproques. Encore une magie du voyage. 
Après 4 jours il est temps de rentrer à Montréal pour attendre notre avion. Nous empruntons le traversier qui effectue la rotation avec la rive sud. 
Sur la route, nous passons voir Hélène et Édith rencontrées au mois de mai en Arizona, Charles et Denise rencontrés en Argentine en décembre 2014 et passons  quelques jours en résidence à L’Assomption, chez Yvon et Caroline, que nous avions croisé à Valparaiso ( Chili ) l'été 2015. À Montréal, Brigitte que nous avions rencontrée en Arizona met généreusement a notre disposition sa maison et son appartement en sous sol .
Nous nous offrons avec certains voyageurs des histoires merveilleuses. Des histoires improbables, longues d'innombrables lendemains. 
La générosité et l'intérêt que les québécois nous offrent surpassent même l'accueil des marocains et argentins. On ne pensait pas cette chose possible.
Les maisons nous seront ouvertes avec générosité, partout. C'est un privilège que de partager la table d'Hélène et Édith, de Brigitte, Charles et DeniseYvon et Caroline, ou celle de Patrick et Stéphanie, Alexandra et Keith
Merci à tous. De ce que vous êtes.
En arrivant du Canada anglophone le voyageur au Québec à l'impression de changer de pays. Le Québec est francophone et nous sommes en famille, à l'aise chez nos cousins !
Le Québec affirme son identité face aux autres provinces en luttant contre les anglicismes.
Un stop est un arrêt.

Un drive in est un service au volant.

Un salon de quilles, un billard.
Et les gens sortent en fin de semaine .
L'accent et le langage des québécois nous évoquent une fraicheur, une relation "bon enfant", une forme de naïveté et d'honnêteté qui semble naturelle.
Le modèle nord-américain se lisse, s'estompe. À l'entrée des villes, les enseignes des grandes chaines sont moins envahissantes. L'architecture des centres villes est plus ancienne et la présence de commerces privés, de boutiques bio et des métiers de bouche nous convient. 
Les lieux de convivialité sont nombreux. Il est facile de s'assoir dans une boulangerie, fromagerie et d'y manger sur place. Les produits ont du goût. Les pâtisseries des cafés littéraires sont excellentes et la francophonie est absolument délicieuse à entendre.
Au Québec, la courtoisie est la règle, les formules de politesse souvent interrogatives nous surprennent. 
Bon matin, comment allez-vous ? demandent les caissières de supermarchés québécois.
Les expressions sont innombrables. C'est pas pire si vos bottines vont avec vos babines. Il faut le savoir.
Sans les connaître, leur compréhension est possible ...
Frapper son Waterloo, c'est subir un échec. Pelleter par en avant, faire un travail à l'envers. En buvant excessivement on se paquette la fraise. 
Des tournures qui nous parlent. 
Le soir, il est facile de sortir et d'aller souper aux "Saucisses complices" ou" À la fin de la faim". Comprenez-vous ?
À Montréal les pistes cyclables et les boutiques vélos sont nombreuses, la pratique de la bicyclette bien ancrée dans les usages dès le retour du printemps. 
Nous magasinerons les boutiques de cycles à la recherche de cartons vélos pour emballer nos bicyclettes. 
Cette année Raymonde et Félicie rentrent avec nous.
Retour en démocrasseuse.

 

Lire la suite