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Le blog de terresenroueslibres. Un voyage autour du monde à bicyclette

UN TOUR DU MONDE À BICYCLETTE, LE VOYAGE INTÉRIEUR. 7 années de voyage .

18 Novembre 2018 , Rédigé par terresenroueslibres

CAMBODGE - 2012 -

7 ANNÉES DE VOYAGE.

En Équateur, les pluies quotidiennes nous amenaient à monter notre tente sous les "canchas ", ces grands gymnases communautaires où les enfants des villages se rassemblent pour jouer. 

C'était le moment magique que nous attendions. Petits et grands cessaient leurs jeux et formaient un cercle autour de nous. Le silence soudain revenu laissait entendre les chuchotements. Nous étions toujours syncro pour déployer notre tente. La toile s'ouvrait et se mettait en place en un instant. Du cercle s'élevait alors un "oh oh oh ! " d'émerveillement qui emplissait l'espace et notre cœur. 
Le meilleur moment de la journée, notre bonbon du soir.
EQUATEUR - Bivouac à l'école - avril 2017 -
EQUATEUR - Bivouac sous la cancha - mai 2017

 

EQUATEUR - Bivouac sous la cancha - mai 2017 -

Octobre 2011. 

Il y a sept ans nous quittions notre vie sédentaire pour une itinérance libre et vagabonde à bicyclette. À l'époque nous avions déjà une bonne expérience des voyages à vélo. Nous savions qu'il était vain pour nous de prévoir un itinéraire, d'organiser un calendrier, une activité quelconque.
Libre de contrainte, notre voyage commençait sur de bonnes bases. 
 
2011 - 2012 . Asie du sud-est.
Bangkok, le départ 29 octobre 2011.
Aussitôt, les destinations lointaines et les routes mythiques devenaient nos compagnons de route. Prendre la direction de la Chine, plein nord, par la piste Ho-Chi-Minh et descendre les hauts plateaux du Vietnam jusqu'à la baie d'Along remplissaient nos journées. Tout était nouveau. Notre voyage devenait notre vie. Une nouvelle vie excitante de liberté. Descendre les plaines dans les vallées de caféiers puis longer le Mékong à notre guise était merveilleux. Au milieu des rizières une envie de fraicheur nous faisait remonter les collines et les montagnes. Nous roulions de ville en ville, traversions des forêts. Tel jour nous étions aux temples d'Angkor, puis quittant le Cambodge, nous passions des cols au Laos pour aller rêver à Luang Prabang, l'ancienne capitale impériale.
Nord VIETNAM - Rizières de Sapa - mars 2012 -
VIETNAM - Baie d'Along - mars 2012 -
CAMBODGE - Temples d' Angkor - décembre 2011 -
CAMBODGE - Temple d'Angkor - décembre 2011 -

En Thaïlande le festival des éléphants de Surin n'est pas touristique. Il était sur notre route de retour pour Bangkok. Circuler dans une ville avec deux cents éléphants et leurs cornacs fut un grand bonheur. 

Soumis à la lenteur de nos bicyclettes notre vie prenait une épaisseur inconnue, une nouvelle direction. 
THAÏLANDE - Ville de Surin - novembre 2011 -

2012 - 2013. En route vers l'Afrique.

Ce galop d'essai en Asie nous avait mis en confiance. 
En septembre 2012 nous quittons Toulouse pour réaliser un vieux rêve. Aller en Afrique à bicyclette. La route était simple. Il suffisait de longer les berges de la Garonne, prendre la direction de Portet-sur Garonne, la Croix-Falgarde; puis le sud, toujours le sud.
 
Sahara Marocain
Toute l'année les quelques maisons de Cap Juby sont battues, lacérées par le vent. Le sirocco, ici, est le maître. 
Posé au bord de l'Atlantique et adossé au Sahara entre deux déserts, l'un de sable et l'autre d’eau, cet ancien relais de l'aéropostale était une étape importante pour nous. Antoine de Saint-Exupéry y vécut en 1928-1929. Il y écrivit "le petit prince". Une fleur de poésie et d'espérance écrite dans un environnement très hostile.
MAROC - Cap Juby - Sahara Occidental - Hommage à Antoine de Saint-Exupéry - janvier 2013 -

Dessine moi un mouton. Dessine moi une utopie. Nous étions partis depuis 1 an 1/2. Notre route devenait "le" chemin. Chemin de l'école du monde où nous n'avions plus à chercher puisque nous trouvions tout en cheminant. 

Petit à petit, nos cuissards en lycra se changeaient en culottes d'écoliers.
SÉNÉGAL - Un village sur la piste - mars 2013 -

Le fleuve Sénégal marque la frontière du Sahara occidental mauritanien et de l'Afrique noire sénégalaise. Ce seront tour à tour des rencontres avec les Maures, les Yoloffs, Sérères, Peuls ou Bambaras. Partout nous trouverons la même hospitalité sous "couvert des chefs de village ". Après le partage du repas, le village se rassemble autour de nous pour la veillée . Cérémonie des trois thés et concert de djembés sous la voie lactée.

Après la Gambie et la Guinée-Conakry notre route va s'arrêter au Mali. Terrassés par 2 palu nous rentrons en France pour nous soigner en décembre 2013.
Ce séjour de 14 mois en Afrique est passé comme un rêve.  Nous nous promettons de revenir. Nous verrons.
SÉNÉGAL - sur la piste vers Tambacounda - juin 2013
SÉNÉGAL - La piste vers Tambacounda - juin 2013

2014 -2018. Les 3 Amériques.

Février 2014.
Les boulevards de Buenos-Aires sont glacés. Les cabarets du quartier proposent des orchestres de tango, les pistes de danse sont bondées. Les femmes, élégantes, portent des chemisiers noirs, robes fendues et chaussures à talons. Les hommes sont tout aussi élégants, cheveux gominés ou pas. Ambiance.
À Buenos Aires, le tango c'est sérieux.
ARGENTINE - BUENOS AIRES - CARLOS GARDEL - mars 2014 -

Notre troisième année de route commence.

Une envie de soleil nous fait prendre la route du nord. L'hiver est plus doux au Brésil. Les petits désagréments de la route ont disparu, les journées de vent de pluie, le froid, les grosses chaleurs ne nous dérangent plus. Avec cette vie saine et sportive notre peau se tanne, notre corps se muscle, notre santé s'améliore, l'esprit se libère. 
Nous changeons.
BRÉSIL - État du Mato Grosso do Sul - août 2014 -

Nous effectuons rarement plus de 80 km par jour. Toujours moins aux premières difficultés. La lenteur est notre règle. Elle ouvre au silence, à la contemplation. L'énergie et la concentration nécessaire à la vitesse sont alors disponibles pour l'inutile ou l'essentiel.

Nous ne voulons plus être rapides, efficaces et rationnels alors que notre voyage est forcément lent, aléatoire et intuitif.
Ayant terminé de courir après le temps, nous voici gourmands de présent.
Fleuve Paraguay - avril 2014 -

Le nord-est de l'Argentine est une zone humide entre les fleuves Paraguay et Paraná. Nous arrivons à Ascension au Paraguay à Pâques. La semaine sainte est extrêmement importante en Amérique du sud. Partager la Passion du Christ avec Julia, Delio et le village de San Ignacio fut un temps fort.

PARAGUAY - Semaine Sainte - Village de SAN IGNACIO - avril 2014

En septembre, nous quittons Montevidéo et traversons le rio de la Plata pour revenir à Buenos-Aires. C'est le début du printemps et nous pouvons prendre la route du sud. Nous arriverons à Ushuaia dans l'été ...

ARGENTINE - Arrivée à Ushuaia - 25 janvier 2015 -

Nous campons systématiquement toute l'année, partout. Excepté dans les villes, naturellement. Nous cumulons plus de 730 nuits ( 2 années ) sous notre tente. Cette forme de voyage nous convient. Tributaires des saisons, de la météo, nos journées commencent et se terminent avec la lumière du jour.

Retour à la simplicité.

 Ce corps à corps avec la nuit, le vent, la terre, procure un plein d'énergie incroyable.Le matin nous reprenons nos bicyclettes. 

Retour à l'élémentaire.

BOLIVIE - Bivouac sur l'altiplano - 3850m - juillet 2016

La luminosité cristalline de cette fin de journée inonde le détroit de Magellan. Nous avons vu 3 voitures aujourd'hui. Les utilitaires des estancias voisines. Il y a 6 jours que nous sommes seuls au monde, ici en Terre de feu. Nos provisions sont finies, il faut maintenant retourner sur la "ruta 3" pour retrouver un commerce. 

CHILI - Détroit de Magellan - janvier 2015 -

Nous recherchons les itinéraires déserts, le silence, les rendez-vous avec l'intime. Instants de reliance, à soi, à l'autre, à l'humanité entière, au mystère qui nous dépasse.

Les paysages sublimes qui nous sont offerts sont propices à ces moments de solitude, précieuses alchimies. 
La meseta argentine, les salars de Bolivie, la vallée sacrée au Pérou, la route de l'Amazone en Équateur sont des portes pour l'imaginaire.
BOLIVIE - Salar de Coïpasa - juillet 2016 -
ARGENTINE - Sur la meseta - août 2015 -
PÉROU - Machu Picchu - août 2016 -
ÉQUATEUR - Amazonie - mai 2017 -

Les îles, nous les adorons. La vie y est toujours plus douce. L'insularité préserve les patrimoines et les coutumes. L'île d'Ometepe sur le lac Nicaragua ne fait pas exception. 

Nous y fêterons nos 6 années de nomadisme. Un joli lieu sur la terre pour cet anniversaire.
NICARAGUA - Île d'Ometepe - octobre 2017 -
 
La vie de cyclo-nomades permet de gagner facilement la bataille contre l'envahissement des objets. Ce choix de vie exempt de confort matériel recentre sur l'essentiel. Le dépouillement des bagages devient une chance, un fonctionnement souhaité et vite jubilatoire. Le moindre superflu apparait comme un encombrement, un danger qui viendrait menacer cet ascétisme fécond. Il est simple, alors de rompre le cycle infernal des désirs qui se changent vite - et toujours - en besoin. Ces besoins forcement insatisfaits amènent de la frustration. De la frustration nait notre souffrance. 
C'est cela. On ne souffre que de nos désirs.
Un voyage à bicyclette. Un embarquement vers la sagesse ?
 
2018 
Nous arrivons aux États-Unis en mai 2018.
 Changement de décor, changement de braquet. C'est la première fois ( mis à part 2 mois en Espagne en 2012) depuis notre départ que nous allons voyager en Occident. 
USA - Grand canyon du Colorado - mai 2018 -
La route des grands parcs nationaux de l'ouest américain a été un pur bonheur. Le grand canyon du Colorado, Monument Valley sont des légendes. Les découvrir en y arrivant avec Raymonde et Félicie (noms de nos bicyclettes ) était un rêve. 
Un moment de grâce.
USA - Monument Valley - juin 2018 -

29 octobre 2018 

Nous fêtons à Québec notre septième année de voyage. Nous continuerons à suivre les hasards de la route, toujours bienveillants et bienvenus. 
Notre vie-voyage bouscule et décloisonne notre regard sur le monde, interroge nos certitudes et lève le voile sur ce qui est beau, important, essentiel. 
Cette vie vagabonde, généreuse, pleine de surprises nous plait, car ce voyage nous malaxe, nous façonne et nous transforme.
Nous inspire et nous élève.
Le voyage intérieur.
 
                                              Comme il vous plaira 
                   
Eh bien, mes compagnons, mes frères d'exil,
la vieille habitude n'a t'elle pas rendu la vie plus douce
que celle d'une pompe fardée ?
Cette forêt n'est-elle pas plus exempte de dangers
qu'une cour envieuse ?
Ici nous ne subissons que la pénalité d'Adam,
la différence des saisons.
Si de sa dent glacée,
de son souffle brutal, le vent d'hiver
mord et fouette mon corps
jusqu'à ce que je grelotte de froid 
je souris et je dis :
Ici point de flatterie,
voilà un conseiller qui me fait sentir ce que je suis.
 
Doux sont les procédés de l'adversité.
Comme le crapaud hideux et vénéneux 
elle porte un précieux joyau dans sa tête.
 
Cette existence à l'abri de la cohue publique,
révèle des voix dans les arbres,
des livres dans les ruisseaux,
des sermons dans les pierres,
et le bien en toutes choses.
Je ne voudrais rien changer.
 
 William Shakespeare 
 Comme il vous plaira , acte II , scène I .
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Un automne au Canada - 8 août 2018 / 26 novembre 2018

17 Novembre 2018 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #Canada

Un automne au Canada - 8 août 2018 / 26 novembre 2018

La petite ville de Cardston dans l'Alberta est paisible au milieu des blés à 20 km des États-Unis. Le camping situé au centre ville nous convient pour nous reposer après notre sprint américain.

Dans quelques jours nous reprendrons nos bicyclettes pour un autre sprint.
 Il nous faudrait arriver à Québec avant l'hiver ...
Notre route est simple, s'annonce plaisante. Longer la frontière en traversant l'Alberta, le Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario pour arriver au Québec, à Québec avant d'être bloqué par la neige. 
4 400 km nous sépare de la ville de Québec.
 
 
Un automne au Canada - 8 août 2018 / 26 novembre 2018
L'été se traine sur l'avenue et les gazons se colorent des premières feuilles de l'automne. Nous préparons notre départ.
Le Canada est un grand désert. La moitié des 36 millions de canadiens vivent dans les villes et les agglomérations d'Ottawa, Toronto, Montréal, Québec. 

 

Les territoires de l'ouest, 
L'Alberta, le Saskatchewan, le Manitoba.
Les machines agricoles pareilles à d'énormes paquebots semblent immobiles et perdues dans ces mers de blés qui cernent notre route. Les derniers épis viennent mourir en contrebas du talus comme les vagues sur une plage. La route vient rompre les larges lignes de coupes que les moissonneuses laissent derrière elles. Comme les bateaux à l'approche de la côte, elles choisissent un chemin plus sûr et s'éloignent en laissant une odeur de foin coupé, une envolée d'oiseaux. 
Alors nous poursuivons notre route pour retrouver plus loin, les blés d'avant la moisson, la houle des épis dans le vent, les couleurs de l'été. 
Une fois de plus, nous sommes seuls au monde sur ces routes agricoles. Régulièrement de monumentales machines investissent un coin d'horizon et commencent leur va-et-vient dans un balai sans fin. L'homme a disparu de ces danses mécaniques. Nous retrouverons sa compagnie au prochain village, ce soir ou demain. Nos réserves d'eau seules décident de la route. Nos prévoyantes provisions nous offrent le loisir de bivouaquer à notre guise. 
Le soir, nous nous écartons de la route pour monter nos campements.   Le bruit des rares voitures disparait. L'obscurité, le silence bordent notre sommeil jusqu'au matin.
Les possibilités de bivouaquer librement sont infinies. Nous "robinsonnons" pratiquement tout les soirs dans "les territoires de l'ouest". Nous trouvons un jour sur l'autre un petit village pour les courses basiques. Une cyclo-randonnée au Canada du sud ne pose aucun problème de logistique.
Quelquefois, une alternance de déserts troublait l'ordre des journées. Après un désert de blé commençait un désert de landes. Nous aimons les déserts où aucune distraction ne vient déranger nos pérégrinations mentales. 
Déserts d'eau, de sapins, de sables ou de blés. Les déserts offrent par leurs silences, la reliance au temps. Temps intérieur de reliance, avec soi ou à l'intime du chemin. 
Parallèlement leurs immensités nous connectent avec l'espace.
Possible pont avec le sacré. Les déserts sont l'évidence du chemin. 
Les arbres que nous voyons depuis quelques jours sont plus nombreux, leurs fréquences rapprochées. Les oiseaux annoncent des zones humides plus vastes. Les paysages prennent quelques rondeurs, la route s'élève, les bosquets se transforment en forêts. Nous arrivons en Ontario.
Depuis notre arrivée au Canada nous goutons à la magnifique hospitalité des canadiens. Dans notre palmarès planétaire, le Canada se situe dans le groupe de tête des pays les plus accueillants. Dans la vie quotidienne, le respect de l'autre, de la propriété semble être la seule norme. 
De plus, les routes sont sures, les limitations de vitesse respectées, 
la conduite "comprise". 
Depuis quelques jours nous cyclotons avec Thomas. Comme nous, il se rend à Montréal. Nous choisissons de voyager ensemble après notre rencontre dans le Saskatchewan. Après 3 semaines de routes partagées, Thomas file seul à Montréal. 
Nous préférons les déserts de sapins et de pins. Surtout en automne pour les cèpes.
Notre bassine était toujours pleine en fin de journée. Ici, pas besoin "d'aller aux cèpes" pour en ramasser. Un œil sur la route et l'autre sur le talus, la cueillette ne trainait pas. Le soir, nous cuisinions les plus beaux.
La route 17 longe le lac Supérieur, le plus grand lac d'eau douce de la planète. Nous bivouaquions souvent avec nos champignons, sur les plages de ce géant aussi grand qu'une mer.
Les premières journées de pluie furent bienvenues. La météo annonça vite le retour du soleil mais pas celui des champignons. Nos scannages de talus devinrent impitoyables.
Au dessus de nous, très haut dans ces ciels d'automne, des milliers d'oiseaux mûs par un instinct sans faille, prenaient la direction du sud et coupaient notre route. Leurs cris trahissaient leurs présences. C'étaient des oies sauvages. Leur formation ondulait comme des lianes gigantesques. Les oiseaux, alternants planés immobiles et battements d'ailes, rompaient alors ces fragiles colonnes qui aussitôt se reformaient encore plus grandes, toutes différentes. Remplacements permanents des premières qui se laissaient glisser pour laisser la direction du groupe à d'autres. Chacune jouant là-haut la même mystérieuse partition. Le froid était maintenant plus sensible, la clarté et l'ensoleillement diminuaient.
Comme elles, nous allions nous aussi rejoindre des terres plus hospitalières. Notre route à nous était lente et nous arrivions petit à petit au Québec.
24 octobre 2018, au Québec,
Notre route 2018 s'achève . Nous sommes à Québec. Le Saint-Laurent est devant nous et ici s'ouvre la baie où il mêle ses eaux à celles de l'Atlantique nord. 
Le studio du quartier Limoilou que Charles nous offre est central, à 20 minutes à pied du centre historique. Charles, nous l'avions croisé sur la route, une fin d'après-midi, il y a 1 an 1/2 en Équateur. Le courant était passé et les correspondances avaient suivies, réciproques. Encore une magie du voyage. 
Après 4 jours il est temps de rentrer à Montréal pour attendre notre avion. Nous empruntons le traversier qui effectue la rotation avec la rive sud. 
Sur la route, nous passons voir Hélène et Édith rencontrées au mois de mai en Arizona, Charles et Denise rencontrés en Argentine en décembre 2014 et passons  quelques jours en résidence à L’Assomption, chez Yvon et Caroline, que nous avions croisé à Valparaiso ( Chili ) l'été 2015. À Montréal, Brigitte que nous avions rencontrée en Arizona met généreusement a notre disposition sa maison et son appartement en sous sol .
Nous nous offrons avec certains voyageurs des histoires merveilleuses. Des histoires improbables, longues d'innombrables lendemains. 
La générosité et l'intérêt que les québécois nous offrent surpassent même l'accueil des marocains et argentins. On ne pensait pas cette chose possible.
Les maisons nous seront ouvertes avec générosité, partout. C'est un privilège que de partager la table d'Hélène et Édith, de Brigitte, Charles et DeniseYvon et Caroline, ou celle de Patrick et Stéphanie, Alexandra et Keith
Merci à tous. De ce que vous êtes.
En arrivant du Canada anglophone le voyageur au Québec à l'impression de changer de pays. Le Québec est francophone et nous sommes en famille, à l'aise chez nos cousins !
Le Québec affirme son identité face aux autres provinces en luttant contre les anglicismes.
Un stop est un arrêt.

Un drive in est un service au volant.

Un salon de quilles, un billard.
Et les gens sortent en fin de semaine .
L'accent et le langage des québécois nous évoquent une fraicheur, une relation "bon enfant", une forme de naïveté et d'honnêteté qui semble naturelle.
Le modèle nord-américain se lisse, s'estompe. À l'entrée des villes, les enseignes des grandes chaines sont moins envahissantes. L'architecture des centres villes est plus ancienne et la présence de commerces privés, de boutiques bio et des métiers de bouche nous convient. 
Les lieux de convivialité sont nombreux. Il est facile de s'assoir dans une boulangerie, fromagerie et d'y manger sur place. Les produits ont du goût. Les pâtisseries des cafés littéraires sont excellentes et la francophonie est absolument délicieuse à entendre.
Au Québec, la courtoisie est la règle, les formules de politesse souvent interrogatives nous surprennent. 
Bon matin, comment allez-vous ? demandent les caissières de supermarchés québécois.
Les expressions sont innombrables. C'est pas pire si vos bottines vont avec vos babines. Il faut le savoir.
Sans les connaître, leur compréhension est possible ...
Frapper son Waterloo, c'est subir un échec. Pelleter par en avant, faire un travail à l'envers. En buvant excessivement on se paquette la fraise. 
Des tournures qui nous parlent. 
Le soir, il est facile de sortir et d'aller souper aux "Saucisses complices" ou" À la fin de la faim". Comprenez-vous ?
À Montréal les pistes cyclables et les boutiques vélos sont nombreuses, la pratique de la bicyclette bien ancrée dans les usages dès le retour du printemps. 
Nous magasinerons les boutiques de cycles à la recherche de cartons vélos pour emballer nos bicyclettes. 
Cette année Raymonde et Félicie rentrent avec nous.
Retour en démocrasseuse.

 

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