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Huamachuco - Nord Pérou - Jour de marché

19 Février 2017 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #Amérique du sud, #Pérou, #Huamachuco

Huamachuco - Nord Pérou - Jour de marché

Les jours de marché sont fidèles . Tantôt le lundi ici, ailleurs c'est le jeudi . Les jours de marché sont jours de fête et de rencontres . Pour les voyageurs aussi . 

Il y avait bien peu de monde ce matin à la messe. J'aurai dû me douter . Le culte a une rude concurrence aujourd'hui . 

À Huamachuco  le marché , c'est le dimanche .

12h30 mn . En descendant la calle Simon Bolivar nous apercevons de nombreuses taches claires qui dansent dans la foule . Les femmes se sont coiffées du chapeau beige à larges bord typique de cette province de Sanchez Carríon . Le soleil fait briller les parures brillantes de leurs robes et chemisiers . L'obligatoire baluchon noué dans leur dos porte souvent un enfant . Les plus grands marchent en donnant la main à leur mère ou à une grande sœur .

Le marché déborde largement l'emplacement du mercado central , les stands ont investis les rues alentours . Des nuées de petits triporteurs papillonnent autour en chargeant ou déchargeant les clients et leurs achats . Sacs remplis de légumes et de fruits d'où les cous des canards , des poulets sortent parfois . Partout des gerbes d'herbes très fraîches sont proposées . Elles sont données aux cochons d'inde que beaucoup de citadins élèvent chez eux . Au Pérou le cochon d'inde - el cuy - est très apprécié . Le "cuy" est proposé souvent grillé dans les restaurants . C'est le plat emblématique du Pérou avec le "cébiche" . 

Les stands des paysans sont toujours modestes . Manioc , patates ,  oignons sont les denrées les plus proposées avec le maïs et la quinoa . Populations paysannes , venues aujourd'hui dans leurs plus beaux habits . Sont-elles les mêmes qui nous salués cette semaine alors que nous passions sur la route ? Qui nous ont offerts des mangues ou trois patates ? Se sont inquiétées si tout allait bien , en nous donnant de l'eau ? 

Aujourd'hui nous nous sentons bien . Bien calés dans notre voyage . Bien installés dans cette merveilleuse mosaïque humaine que nous retrouvons sur ce marché .

Notre intarissable curiosité sur le monde trouve des réponses qui se mêlent aux sourires tout au long de notre chemin .

Plus loin , des petits groupes colorés se forment devant chaque télévision de la calle San Martin . Nous nous approchons . Ce sont des familles . Elles regardent les cassettes de danses folkloriques que les vendeurs programment en boucle sur les écrans . Attroupements garantis . 

Nous aimons la rue et les marchés dans nos arrêts citadins . C'est là que le voyageur appréhende le mieux l'identité d'un pays ; tant familiale que culturelle ; tant sociale qu'économique .

À Huamachuco  le marché , c'est tout les jours dimanche .

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Nord Pérou - Cañon del Pato

8 Février 2017 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #Amérique du sud, #Pérou, #Andes

Nord Pérou - Cañon del Pato

 

Pallasca , Nord- Pérou, le 8 février 2017 .

Le dos d'âne oblige pratiquement les voitures à l'arrêt ." Mango ! mango ! Son dulces par aqua . Ocho mangos por dos soles . Mango mango ! "  La vieille dame continue à proposer ses mangues aux rares véhicules, alors que nous avons monté notre tente depuis longtemps sur le bout de terrain plat qu'elle nous a offert pour bivouaquer . Face à sa maison . Commencer une montée dans des gorges en fin de journée n'est jamais une bonne idée , une nuit sous les manguiers est toujours un joli moment ... 

 
Le lendemain notre dame est déjà installée quand nous sortons de la tente . La vie est dure , tout le monde travaille ici , enfants et vieillards . Nous voyons beaucoup plus d'enfants dans les champs durant les vacances scolaires . Reprise des cours le 1er mars  .
Très vite après notre départ de Huaraz nous sommes entrés dans - el cañon del pato -
Démesure toute sud-américaine pour ce must de la cordillière blanche . Ce cañon de plus de 50 km débouche à Huallanca mais les gorges continuent . Même roche , même minéralité pour d'autres rios tout aussi impétueux qui descendent de tout là haut , de la cordillière .
 
L'érosion est à son comble . Pas même un épineux , un brin de vie n'arrive à s'accrocher dans ces montagnes de roches rouges , grises , brunes , violettes ou noires . Nous cheminons et bivouaquons depuis 3 jours dans le vacarme permanent de ces eaux qui fusent comme sous pression . Ce désert vertical , minéral nous écrase . La perspective est nouvelle . L'absence de végétation , d'animaux , d'insectes , d'oiseaux donne à ce silence un ton pesant et souverain . 

Les maisons ont fini par disparaître . Depuis combien de kilomètres sommes nous seuls ? Ces journées en ces lieux cependant nous apaisent , car nous prenons la mesure du bonheur et du privilège de vivre non pas notre voyage , mais notre vie , notre vie de nomades dans des lieux aussi extraordinaires et rares . L'émerveillement est permanent , quotidien et nous veillons à ne pas nous laisser glisser dans une banalisation de celui-ci . 

Petit à petit nous sortons des gorges . La route à présent n'est plus goudronnée , nous retrouvons des vallées vertes , de l'élevage et des petites parcelles de blé , maïs ou pommes de terre . Et nous retrouvons des gens . Ces scènes paysannes nous font du bien . Toutefois l'isolement est sensible et seuls les petits micros et les camions plateaux chargés de paysans et de mineurs nous dépassent . Quelques saluts s'échangent . La timidité et la surprise expliquent cette retenue . 
Notre route désormais est exigeante . Les rampes à 10 % et plus , sont fréquentes . Nous nous mettons à deux pour pousser Raymonde et Félicie à tour de rôle . Ces mauvais chemins de terre n'aident en rien notre équipage pénalisé par les pluies diluviennes et la brume qui tombent dés 15 heures en cette saison . 
Ces petits désagréments nous donnent l'impression de vivre notre voyage pleinement , tel qu'il se présente , sans calcul d'aucune sorte . D'autres routes existent bien sûr . Comme passer par la côte par exemple , mais cela nous semble une folie . Nous savons et vérifions depuis longtemps que les routes les plus difficiles qui se trouvent sur notre chemin sont toujours les meilleures . Et nul besoin d'être en voyage pour le vérifier .
Le soir , il faut monter la tente sous un toit pour se protéger de la pluie . Il y a 2 jours Francisco nous a offert sa remise . Ce fut un vrai palais , la pluie ne s'arrêta que le matin .
 
Demain lundi nous reprenons notre route après cette journée de repos à Angasmarca où le village fêtait " la Sainte Miséricorde de Lima " patronne du village . L'accueil naturellement fut merveilleux et nous avons vite eu les mains pleines de bières et de chicha dès que nous sommes arrivés sous le chapiteau où jouait la fanfare . Heureusement le boeuf en daube aux haricots qu'on nous offrit avec fut très bienvenu . La chicha péruvienne à 3000 mètres et à quatre heures de l'après midi , c'est toujours une petite aventure .... 
Nord Pérou - Cañon del Pato
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