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Paraguay

30 Mai 2014 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #article

Avec Padre Christian et Padre Pedro ,Villa Rosario Paraguay

Avec Padre Christian et Padre Pedro ,Villa Rosario Paraguay

Téréré ou maté cocido con lèche ?

Nous ne regrettons pas d'avoir suivi les conseils de Michael et d'avoir attendu Padre Pedro pendant deux jours .

Aujourd'hui ,nous sommes heureux de parler français .

Depuis trois mois nous n'en avons pas eu l'occasion. Padre Pedro est un missionnaire français installé au Paraguay depuis trente ans . Il est rattaché au diocèse de Villa del Rosario depuis sept ans et nous sommes les premiers voyageurs à y passer depuis son installation ... Un évènement !

Padre Pedro nous reçoit chaleureusement et nos discussions sont merveilleuses . Quelles chance avons-nous de croiser un homme aussi rayonnant de joie de foi et d'enthousiasme . Mais Padre Pedro est débordé et repart vite travailler malgré ses soixante-seize ans car il s'occupe de tout ici, aidé du Padre Christian (du Nigéria): des bancs de l'église qu'il faut réparer , de la douche du presbytère , du poulailler et des moutons . Il sillonne les pistes toute l'année pour ouvrir les vingt-six chapelles et églises dont il a la charge, puis organise le marathon pour les oeuvres , supervise le catéchisme . En plus des offices bien entendu.

Procession à San Ignacio et ruines Jésuites
Procession à San Ignacio et ruines Jésuites
Procession à San Ignacio et ruines Jésuites

Procession à San Ignacio et ruines Jésuites

Dans quelques jours nous quitterons le Paraguay après un mois et demi et 1300 kms effectués à travers ce pays rural, discret et attachant .

Heureux d'avoir assisté aux fêtes de Pâques , à cette reconstitution poignante de la crucifixion et à l'adoration de la croix . Mais le catholicisme reste très vivant toute l'année et les évènements liturgiques rythment la vie des paroisses .

L'implantation Jésuitique a été très forte aux XV ème et XVI ème siècle et les indiens Guaranis ont massivement adhéré à l'évangélisation .

L'héritage de la culture Guarani est complexe et surprenant pour nous .

Le Paraguay et le Pérou sont les seuls pays d'Amérique du sud à avoir conservé leur langue originelle . Le guarani est couramment utilisé par tous .

Cette mixité de langues et de cultures offre une ineffable diversité dans la vie quotidienne . " La mezcla " . La mezcla , encore enrichie par l'arrivée des derniers colons du siècle passé , les Ukrainiens , Russes , Allemands , Italiens ect ...

La mezcla , le mélange complet . Et ici ,tout se passe bien .

C'est l'automne en cette fin du mois de mai .Il pleut de plus en plus fréquemment. Le temps s'est rafraichi , il fait nuit à dix-huit heures . Il est étrange pour nous de ramasser le long des routes avocats et pamplemousses en cette saison ! Mais les journées de pluies nous rappellent que l'hiver arrive et ne nous permettent pas de pédaler autant que nous le souhaiterions .

#" Caminante , no hay camino , se hace camino al andar " ;

et c'est sous la pluie que nous avons visité les ruines jésuites de Trinidad la semaine dernière .

Paraguay
Paraguay
Paraguay
Paraguay
Paraguay
Paraguay

Notre route continue . Nous garderons du Paraguay le souvenir de belles rencontres et des généreuses invitations que nous y avons eu . Avec Delia et Julio autour d'une mémorable "cabeza de vaca al horno " , avec Alberto et Olga à rire sous les étoiles ou la journée à cheval dans l'estancia de Michael le long du fleuve Paraguay et bien sur notre rencontre avec Carlos, cyclo-voyageur Colombien, sur les routes sud- Américaine depuis 6 ans .

Huit heures du matin . Nous prenons le café chez Adelaïda qui nous a dit hier soir en nous ouvrant l'église :

- Vous viendrez demain à la maison pour le petit déjeuner !

Encore une journée qui commence merveilleusement par une offrande , une rencontre , un instant et c'est là toute la magie de notre voyage .

Hier , après une journée de "ripio " de sable et de vent dans le nez , l'église de San pablo s'est présentée comme un havre de paix et de repos . Elle remplissait doublement son rôle ... En quittant Villa del Rosario , nous avions accepté l'offre de Padre Pedro d'aller dormir à l'église à San pablo .

Le presbytère avait deux lits . C'était assez pour nous .

Michel

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Le téréré est une boisson froide aromatique . Elle se boit dans un verre en corne de vache que l'on se passe à tour de rôle .

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Le maté cocido con lèche est une infusion d'herbes cuite au feu de bois . Le sucre est caramélisé à la braise .

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# " Marcheur , il n'y a pas de chemin , le chemin se fait en marchant "

Tu dois être le changement que tu souhaites voir dans le monde

Tu dois être le changement que tu souhaites voir dans le monde

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Paraguay

30 Mai 2014 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #article

Paraguay

Yby Yaù ,(nord) Paraguay , 100km au sud de la frontière brésilienne .

Deux jours qu’il pleut , qu’on se lève le matin décidés à enfourcher nos vélos et que l’on renonce en se disant que pour les derniers kilomètres à parcourir sur le sol Paraguayen on peut attendre le soleil …toutes les excuses sont bonnes pour deux caracoles qui ne veulent pas se mouiller. Et puis c’est l’automne ici, la température vient de faire une chute vertigineuse, on a ressorti pulls, chaussures, chaussettes , enfouis au fond des sacoches depuis des mois . Mais demain, nous reprendrons nos bici (comme on dit ici) pour les 100km qui nous séparent du Brésil .

Un mois et demi que nous sommes au Paraguay et que nous découvrons ce pays voisin de l’ Argentine aux multiples facettes . Ici aussi , nous avons été touchés par l’hospitalité, la générosité, la curiosité des Paraguayens . ( Je dirai plus tard un mot sur l’ Argentine qui détient pour l’ instant la palme d’ or de l’ accueil de deux cyclos-voyageurs , tous pays confondus. ).

Nous sommes arrivés au Paraguay par sa capitale Asuncion d’où nous sommes partis faire une boucle vers l’est , remontés vers le nord en prenant les détours et les pistes qui se présentaient . Nous essayons toujours de sortir des axes routiers principaux pour pédaler dans le calme et retrouver la ruralité que l’on aime .

Dés le premier soir , sortant d’ Asuncion nous avons demandé la permission de camper dans le pré entourant une petite chapelle voisine de quelques maisons .

« Buenvenido ! Buenvenido ! « Mais vous allez être trop prés de la route là ! » « Venez prés de notre maison vous serez plus tranquilles ». Toute la famille vient nous saluer.

Tout le monde est heureux de nous garder pour la soirée. Alberto le père de famille rentre des champs et immédiatement installe les chaises pour le Téréré, aidé du plus jeune fils Carlos . Olga, la maman prépare la salle de bain pour que nous puissions prendre une douche. Hilda tout juste descendue du bus qui la ramène de l’ université vient nous poser mille questions avec des yeux émerveillés . Nous sommes touchés par cet accueil simple et sincère . Hilda a envie de tout nous montrer , tout nous faire connaître de sa maison, de son village de son pays .

« Mais vous ne connaissez pas la cuisine du Paraguay ? Maman ! mais qu’est ce qu’on va leur faire goûter ce soir ? Ha oui ! la tortilla au fromage avec du manioc .

Vous aimerez ! Vous aimerez ! »Nous passons la soirée dehors sous le petit appentis qui sert de cuisine , autour du feu de bois où est posée la poêle à beignet. Olga nous régale de ses magnifiques tortillas de queso ( beignets au fromage). On mange cela en se brulant un peu le bout des doigts, c’est délicieux . Le ciel au dessus de nos têtes s’est couvert d’étoiles , Hilda me raconte la mythologie Guarani en me désignant les personnages dessinés dans la voie lactée . Le ciel se couvre alors de monstres à plusieurs têtes, de chariot aux chevaux fougueux, d’amoureux pétrifiés dans leur étreinte , de guerriers courageux. Elle suspend tout à coup ses explications en me regardant avec un grand étonnement , passant du coq à l’âne pour me demander « mais tu as les yeux bleus …bleus , Michel aussi. Alors tous les Français on les yeux bleus ?

Le lendemain matin lorsque nous sortons de notre tente, tout le monde est déjà parti , aux champs, à l’ école, à l’ université. il ne reste qu’ Olga qui ranime les braises de son fourneau en chassant au passage quelques poules grimpées sur la table .

« Ce matin je vous montre comment on fait le vrai maté cocido ! Ici chez les Guaranis nous buvons le Maté cocido pour le petit déjeuner . »Effectivement c’est une boisson chaude que l’on obtient en caramélisant herbes à maté et sucre. Elle pose directement quelques braises sur les herbes . Puis laisse infuser dans l’eau chaude et sert mélangé à du lait bien chaud . C’est délicieux ce goût de fumée, d’herbe et de lait . On adopte le maté cocido du matin pour notre séjour au Paraguay . Dominique

Paraguay
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