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Le blog de terresenroueslibres. Un voyage autour du monde à bicyclette

Un automne au Canada - 8 août 2018 / 26 novembre 2018

17 Novembre 2018 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #Canada

Un automne au Canada - 8 août 2018 / 26 novembre 2018

La petite ville de Cardston dans l'Alberta est paisible au milieu des blés à 20 km des États-Unis. Le camping situé au centre ville nous convient pour nous reposer après notre sprint américain.

Dans quelques jours nous reprendrons nos bicyclettes pour un autre sprint.
 Il nous faudrait arriver à Québec avant l'hiver ...
Notre route est simple, s'annonce plaisante. Longer la frontière en traversant l'Alberta, le Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario pour arriver au Québec, à Québec avant d'être bloqué par la neige. 
4 400 km nous sépare de la ville de Québec.
 
 
Un automne au Canada - 8 août 2018 / 26 novembre 2018
L'été se traine sur l'avenue et les gazons se colorent des premières feuilles de l'automne. Nous préparons notre départ.
Le Canada est un grand désert. La moitié des 36 millions de canadiens vivent dans les villes et les agglomérations d'Ottawa, Toronto, Montréal, Québec. 

 

Les territoires de l'ouest, 
L'Alberta, le Saskatchewan, le Manitoba.
Les machines agricoles pareilles à d'énormes paquebots semblent immobiles et perdues dans ces mers de blés qui cernent notre route. Les derniers épis viennent mourir en contrebas du talus comme les vagues sur une plage. La route vient rompre les larges lignes de coupes que les moissonneuses laissent derrière elles. Comme les bateaux à l'approche de la côte, elles choisissent un chemin plus sûr et s'éloignent en laissant une odeur de foin coupé, une envolée d'oiseaux. 
Alors nous poursuivons notre route pour retrouver plus loin, les blés d'avant la moisson, la houle des épis dans le vent, les couleurs de l'été. 
Une fois de plus, nous sommes seuls au monde sur ces routes agricoles. Régulièrement de monumentales machines investissent un coin d'horizon et commencent leur va-et-vient dans un balai sans fin. L'homme a disparu de ces danses mécaniques. Nous retrouverons sa compagnie au prochain village, ce soir ou demain. Nos réserves d'eau seules décident de la route. Nos prévoyantes provisions nous offrent le loisir de bivouaquer à notre guise. 
Le soir, nous nous écartons de la route pour monter nos campements.   Le bruit des rares voitures disparait. L'obscurité, le silence bordent notre sommeil jusqu'au matin.
Les possibilités de bivouaquer librement sont infinies. Nous "robinsonnons" pratiquement tout les soirs dans "les territoires de l'ouest". Nous trouvons un jour sur l'autre un petit village pour les courses basiques. Une cyclo-randonnée au Canada du sud ne pose aucun problème de logistique.
Quelquefois, une alternance de déserts troublait l'ordre des journées. Après un désert de blé commençait un désert de landes. Nous aimons les déserts où aucune distraction ne vient déranger nos pérégrinations mentales. 
Déserts d'eau, de sapins, de sables ou de blés. Les déserts offrent par leurs silences, la reliance au temps. Temps intérieur de reliance, avec soi ou à l'intime du chemin. 
Parallèlement leurs immensités nous connectent avec l'espace.
Possible pont avec le sacré. Les déserts sont l'évidence du chemin. 
Les arbres que nous voyons depuis quelques jours sont plus nombreux, leurs fréquences rapprochées. Les oiseaux annoncent des zones humides plus vastes. Les paysages prennent quelques rondeurs, la route s'élève, les bosquets se transforment en forêts. Nous arrivons en Ontario.
Depuis notre arrivée au Canada nous goutons à la magnifique hospitalité des canadiens. Dans notre palmarès planétaire, le Canada se situe dans le groupe de tête des pays les plus accueillants. Dans la vie quotidienne, le respect de l'autre, de la propriété semble être la seule norme. 
De plus, les routes sont sures, les limitations de vitesse respectées, 
la conduite "comprise". 
Depuis quelques jours nous cyclotons avec Thomas. Comme nous, il se rend à Montréal. Nous choisissons de voyager ensemble après notre rencontre dans le Saskatchewan. Après 3 semaines de routes partagées, Thomas file seul à Montréal. 
Nous préférons les déserts de sapins et de pins. Surtout en automne pour les cèpes.
Notre bassine était toujours pleine en fin de journée. Ici, pas besoin "d'aller aux cèpes" pour en ramasser. Un œil sur la route et l'autre sur le talus, la cueillette ne trainait pas. Le soir, nous cuisinions les plus beaux.
La route 17 longe le lac Supérieur, le plus grand lac d'eau douce de la planète. Nous bivouaquions souvent avec nos champignons, sur les plages de ce géant aussi grand qu'une mer.
Les premières journées de pluie furent bienvenues. La météo annonça vite le retour du soleil mais pas celui des champignons. Nos scannages de talus devinrent impitoyables.
Au dessus de nous, très haut dans ces ciels d'automne, des milliers d'oiseaux mûs par un instinct sans faille, prenaient la direction du sud et coupaient notre route. Leurs cris trahissaient leurs présences. C'étaient des oies sauvages. Leur formation ondulait comme des lianes gigantesques. Les oiseaux, alternants planés immobiles et battements d'ailes, rompaient alors ces fragiles colonnes qui aussitôt se reformaient encore plus grandes, toutes différentes. Remplacements permanents des premières qui se laissaient glisser pour laisser la direction du groupe à d'autres. Chacune jouant là-haut la même mystérieuse partition. Le froid était maintenant plus sensible, la clarté et l'ensoleillement diminuaient.
Comme elles, nous allions nous aussi rejoindre des terres plus hospitalières. Notre route à nous était lente et nous arrivions petit à petit au Québec.
24 octobre 2018, au Québec,
Notre route 2018 s'achève . Nous sommes à Québec. Le Saint-Laurent est devant nous et ici s'ouvre la baie où il mêle ses eaux à celles de l'Atlantique nord. 
Le studio du quartier Limoilou que Charles nous offre est central, à 20 minutes à pied du centre historique. Charles, nous l'avions croisé sur la route, une fin d'après-midi, il y a 1 an 1/2 en Équateur. Le courant était passé et les correspondances avaient suivies, réciproques. Encore une magie du voyage. 
Après 4 jours il est temps de rentrer à Montréal pour attendre notre avion. Nous empruntons le traversier qui effectue la rotation avec la rive sud. 
Sur la route, nous passons voir Hélène et Édith rencontrées au mois de mai en Arizona, Charles et Denise rencontrés en Argentine en décembre 2014 et passons  quelques jours en résidence à L’Assomption, chez Yvon et Caroline, que nous avions croisé à Valparaiso ( Chili ) l'été 2015. À Montréal, Brigitte que nous avions rencontrée en Arizona met généreusement a notre disposition sa maison et son appartement en sous sol .
Nous nous offrons avec certains voyageurs des histoires merveilleuses. Des histoires improbables, longues d'innombrables lendemains. 
La générosité et l'intérêt que les québécois nous offrent surpassent même l'accueil des marocains et argentins. On ne pensait pas cette chose possible.
Les maisons nous seront ouvertes avec générosité, partout. C'est un privilège que de partager la table d'Hélène et Édith, de Brigitte, Charles et DeniseYvon et Caroline, ou celle de Patrick et Stéphanie, Alexandra et Keith
Merci à tous. De ce que vous êtes.
En arrivant du Canada anglophone le voyageur au Québec à l'impression de changer de pays. Le Québec est francophone et nous sommes en famille, à l'aise chez nos cousins !
Le Québec affirme son identité face aux autres provinces en luttant contre les anglicismes.
Un stop est un arrêt.

Un drive in est un service au volant.

Un salon de quilles, un billard.
Et les gens sortent en fin de semaine .
L'accent et le langage des québécois nous évoquent une fraicheur, une relation "bon enfant", une forme de naïveté et d'honnêteté qui semble naturelle.
Le modèle nord-américain se lisse, s'estompe. À l'entrée des villes, les enseignes des grandes chaines sont moins envahissantes. L'architecture des centres villes est plus ancienne et la présence de commerces privés, de boutiques bio et des métiers de bouche nous convient. 
Les lieux de convivialité sont nombreux. Il est facile de s'assoir dans une boulangerie, fromagerie et d'y manger sur place. Les produits ont du goût. Les pâtisseries des cafés littéraires sont excellentes et la francophonie est absolument délicieuse à entendre.
Au Québec, la courtoisie est la règle, les formules de politesse souvent interrogatives nous surprennent. 
Bon matin, comment allez-vous ? demandent les caissières de supermarchés québécois.
Les expressions sont innombrables. C'est pas pire si vos bottines vont avec vos babines. Il faut le savoir.
Sans les connaître, leur compréhension est possible ...
Frapper son Waterloo, c'est subir un échec. Pelleter par en avant, faire un travail à l'envers. En buvant excessivement on se paquette la fraise. 
Des tournures qui nous parlent. 
Le soir, il est facile de sortir et d'aller souper aux "Saucisses complices" ou" À la fin de la faim". Comprenez-vous ?
À Montréal les pistes cyclables et les boutiques vélos sont nombreuses, la pratique de la bicyclette bien ancrée dans les usages dès le retour du printemps. 
Nous magasinerons les boutiques de cycles à la recherche de cartons vélos pour emballer nos bicyclettes. 
Cette année Raymonde et Félicie rentrent avec nous.
Retour en démocrasseuse.

 

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