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Le blog de terresenroueslibres. Un voyage autour du monde à bicyclette
Articles récents

Nouvelles de Madagascar

5 Juillet 2022 , Rédigé par terresenroueslibres

Nouvelles de Madagascar

 Nous avons retrouvé nos bicyclettes à Madagascar mais nous ne sommes pas en vacances ...

Après plus de 11 années "sans domicile fixe" nous prenons en location à Tuléar (située au sud-ouest de l’île) une grande villa disposant d’un splendide jardin avec un tamarinier centenaire et des manguiers gigantesques.
Avec cette location qui commencera en août 2022, notre vie de nomade s’arrêtera pour de bon. 
Cette nouvelle vie de résidents dans cette merveilleuse île de l’océan Indien avec nos enfants et nos petits-enfants (nous serons voisins dans le même quartier) nous enchante naturellement.
Maintenant, le voyage immobile commence.

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Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"

4 Juillet 2022 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #2022 MADAGASCAR

 

Un petit tour sur la mythique route nationale 7 d'Ambositra à Tuléar au mois de juin 2022.

860 km de bonheur à bicyclette. Les Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"

Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
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Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
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Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
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Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
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Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
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Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
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Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
Terres En Roues Libres sur "l'île rouge"
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Clap de fin de notre voyage

3 Novembre 2020 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #2020

 

Après notre confinement du printemps au Mexique, nous sommes rentrés en France le 9 juillet 2020. Un retour au cœur de l’été qui nous permis de vagabonder à bicyclette de Paris à Toulouse puis dans le sud de la France.

La semaine dernière nous avons fêté le neuvième anniversaire de notre voyage et avons décidé de l’arrêter à cette occasion. Il nous semble que la situation sanitaire va rester mauvaise longtemps et nous préférons passer à autre chose ... Nous vous remercions de l’intérêt que vous avez porté à notre petite aventure et nous vous souhaitons la meilleure des continuations.

Michel & Dominique

Couleurs d'automne pour notre dernier bivouac du 27 octobre 2020
Couleurs d'automne pour notre dernier bivouac du 27 octobre 2020

Couleurs d'automne pour notre dernier bivouac du 27 octobre 2020

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Mars 2020 - Confinement au Mexique - Baja California .

30 Mars 2020 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #Mexique, #Amérique centrale

Ces temps troublés déposent chaque jour sur notre boîte mail des messages qui nous rappellent de jolis et insouciants moments. Moments de partage de la vie d'avant.

Nous ressentons nous aussi le désir d'écrire, verbaliser la solitude de ce confinement, comme pour garder la main, garder la tête hors de l'eau et chercher l'appel d'air. La dernière parution sur Facebookdominique michel gony- nous a permis d'illustrer la prison ensoleillée que nous avons choisie pour vivre ce confinement. Vous l'avez lu, nous sommes au Mexique.

 

San Ignacio se trouve à 72 km de la petite ville de Santa Rosalia (sur la mer de Cortez) en Baja California. Nous avons choisi de nous mettre en quarantaine ici, car cette Casa Del Cyclista où nous sommes arrivés le 15 mars est charmante. Le village avec ses ruines jésuites est vraiment typique et modeste. En quittant la carretera principale, une route serpente dans la palmeraie jusqu'aux maisons disposées autour de la vieille place. L'église domine l'ensemble.

À la Casa Del Cyclista chez Othon et Sugé, nous avons loué un petit cuarto ( petit studio). Des cyclo rencontrés il y a plus de deux ans nous avaient parlé de cet endroit. La connexion wifi est parfaite et le cuarto très grand est ultra silencieux. Notre entrée donne sur une cour derrière la maison, vue sur la palmeraie avec des oiseaux à tue-tête. La maison est pleine de chats. Les maisons avec des chats sont toujours de douces maisons. Un parfait endroit pour un confinement.

La route est toujours bienveillante et les hasards du voyage nous posent ici !

Cet arrêt choisi et anticipé vaut mieux que subir prochainement un arrêt forcé dans une urbanité laide, bruyante et chère ( cela ne manque pas dans ce magnifique pays ).

Alors, nous allons profiter de cette situation pour travailler sur nos films, vous écrire, écouter l'herbe qui pousse dans la palmeraie, ou lire quelques uns des très nombreux bouquins téléchargés de nos bibliothèques. De belles lectures qui vont nous permettre de sortir de cette actualité cauchemardesque.

Depuis huit ans, le voyage nous offre très rarement une connexion suffisamment puissante pour disposer de l'image. Nous avons l'habitude de l'écrit et allons continuer sur ce format pour nous tenir au courant de la pesante actualité.

Aujourd'hui, au Mexique, tout est différent. L'épidémie est encore pratiquement absente. Le récent confinement est appliqué de façon ... très latine.

Au village nous dit on, la vie continue comme avant, tous les commerces sont ouverts. La société mexicaine est à des années lumières de cette gravissime situation. Pour combien de temps encore ? La prochaine actualité va très probablement mettre un terme à cette belle insouciance.

 

Nous n'avons passé que 14 mois en occident dans ce long voyage autour du monde de plus de huit années. Nous étions en Asie, en Afrique et longuement en Amérique du sud et Amérique Centrale. Malgré le drame absolu qui se passe en Europe, nos pensées vont aux plus démunis de cette planète qui vont mille fois plus souffrir que l'occident.

Partout, ce sont souvent les plus pauvres qui nous ont ouvert leurs portes pour nous recevoir et nous aider. Une main tendue pour un instant, un sourire ou pour le gîte et le couvert. Rares sont les jours où nous n'avons pas reçu un cadeau, des cadeaux. Certains nous accompagnent depuis des années.

 

Notre règle est de ne jamais rien demander. Pourtant nous n'avons jamais manqué de rien, ni d'intérêt, ni d'attention. La bienveillance en abondance, toujours offerte avec sincérité et émotion.

Nos pensées vont à nos amis du bout du monde, les anonymes, les oubliés, les généreux.

Il est indécent de nous plaindre.

 

Les temps changent et notre perspective du monde aussi. Nous découvrons l'humilité, la lenteur, la disponibilité, la conversation, l'écriture, la compassion, l'amitié, le silence.

Un tremblement de terre.

Ne loupons pas cette belle occasion de changer les routines de nos pensées !

Découvrons la sobriété heureuse !

Et de quoi peut on se plaindre ? 

Nous sommes en vie ensemble.

 

Prenez soin de vous

 

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RANDO 2020 - CAP AU NORD

15 Février 2020 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #Mexique, #Amérique centrale

RANDO 2020 - CAP AU NORD

Après trois mois et demi passés en France en mode Papy Mamy, nous avons retrouvé notre voyage en arrivant au Mexique le 26 janvier 2020.

 
RANDO 2020 - CAP AU NORD

En partant de Monterrey nous avons mis cap à l’ouest pour nous diriger vers Los Mochis. Los Mochis est le principal point de départ pour les ferrys reliant la Baja California. Les hasards de la route nous avaient éloigné de la Baja California lors de notre premier séjour mexicain en 2018.

Cette route est très prisée des cyclo du monde entier et nous souhaitons connaître ce must de la cyclo-randonnée pour notre dernière année à cycloter dans les Amériques. De La Paz, la principale ville au sud de la baja California, notre route sera alors résolument nord. 

Les 1200 km à parcourir dans cette péninsule marqueront la fin de nos routes hispaniques. 

La Californie sera la suite logique de cette route. 

La Californie, l’Orégon et l’état de Washington sont les 3 états américains qui bordent l’océan Pacifique. Nous trouverons au terme de cette route, Seattle, dernière grande ville à l’extrême nord-ouest des États-Unis. Ensuite, Vancouver au Canada sera certainement un joli temps fort ... 
Mettre cap au nord par la Colombie-Britannique puis le Yukon sera une merveilleuse aventure ...  Nous essaierons d’aller le plus au nord  possible, cette route nous semble exigeante et difficile. Ce sera pour nous une grande inconnue avec des approvisionnements très espacés, l’absence de réseaux téléphoniques et donc de notre cher GPS, des reliefs non négligeables à négocier avec le froid et probablement de fréquentes pluies. 
Traverser pendant plus de 2 500 km un territoire quasiment désert qui est l’habitat naturel d’une faune sauvage de grizzlis, d’ours noirs de lynx et de loups, nous semble une aventure vraiment passionnante. Cycloter ainsi, dans ces déserts de sapins est un rare privilège ...
Arriver au petit village de Dawson city serait une belle réussite. Dawson city se trouve à 280 km au sud du cercle polaire arctique.
Nous verrons.
Ensuite, nous rejoindrons la côte est, autant que nous pourrons, en tenant compte de la durée de notre visa et de l’hiver qui ne manquera pas de nous rattraper. La route décidera et ce sera parfait.
Retour en France pour les fêtes de Noël.
 
 
 
RANDO 2020 - CAP AU NORD
RANDO 2020 - CAP AU NORD
RANDO 2020 - CAP AU NORD

Nous sommes donc au Mexique depuis une quinzaine de jours.

Dès notre arrivée le voyage nous a emporté et nous profitons de ces premiers arrêts après deux semaines de route pour finir de régler mille détails.
Nos dernières routes " occidentales " nous avaient fait oublier le côté " latino " du Mexique.
Pagaille bon enfant et nonchalance pour tout. 
Ici, ce sont d’autres standards pour tout. Pour l’urbanisme, la gestion des ordures, la circulation qui ne connait aucune règle. 
Enfin si, il y a une règle sur la route. C’est la loi du plus gros.
Pas de problème, les Terres en roues libres s’adaptent dans l’instant.
 
RANDO 2020 - CAP AU NORD
RANDO 2020 - CAP AU NORD
RANDO 2020 - CAP AU NORD

 

Alors vite, vite nous avons repris le bon scénario, mode voyageurs-nomades pour profiter de cette exubérante joie de vivre des mexicains, pour ne rien louper de leur gentillesse. Ici, personne ne se formalise de rien et il est possible de dormir, comme il y a 3 jours dans la salle du conseil municipal ... 
La veille, alors que nous demandions dans un minuscule village s’il y avait un cuarto ( chambre chez l’habitant ) la dame nous répondit qu’elle serait heureuse de nous offrir un lit dans le modeste cabanon jouxtant sa maison. Plus tard elle nous offrit de splendides viandes grillées au bois. 
Nous constatons encore et toujours que la pauvreté va souvent de pair avec hospitalité et générosité envers les étrangers que nous sommes.
 
RANDO 2020 - CAP AU NORD
RANDO 2020 - CAP AU NORD
RANDO 2020 - CAP AU NORD

Le nord du Mexique où nous nous trouvons est extrêmement pauvre par rapport au reste du pays. Les arbres ont disparus des immenses plaines que nous traversons. Les mines de craie, battues par les vents, recouvrent de poussières cet état nord-est de Coahuila.

Nous reprendrons la route demain avec une prochaine partie montagne, par des chemins de mules, loin de tout pendant une semaine. L’aventure va commencer.
 
RANDO 2020 - CAP AU NORD
RANDO 2020 - CAP AU NORD
RANDO 2020 - CAP AU NORD

 

Si notre détermination à poursuivre ce voyage reste intacte, celui-ci reste un challenge quotidien. Un accident ou une mauvaise tendinite peuvent décider de la fin de cette aventure. En acceptant ces risques, nous nous offrons le chemin de notre liberté et il nous apparaît que seuls les risques que nous désirons assumer décident de notre niveau de liberté.
En reprenant la route chaque année nous reprenons le mouvement. Mouvement du corps et de l’esprit dans notre rythme choisi. 
Rythme de la lenteur, retour avec elle à la disponibilité, l’écoute, la conversation, le silence, l’inutile, l’essentiel. 
Se réapproprier l’horloge de nos jours en étant seuls maîtres de nos déplacements. Nos déplacements dans l’espace s’effacent et nous nous déplaçons uniquement dans le temps. 
La Baja California est à deux semaines, la Colombie-Britannique est à trois ou quatre mois de bicyclette. La cyclo-randonnée est absolument anachronique dans notre monde moderne. 
Il est facile avec elle de réapprendre l’humilité, la patience, l’effort, d’être à l’écoute de soi ou du monde. En reprenant notre voyage, en reprenant le mouvement, nous redonnons du sens à notre vie. 
Rechausser nos bicyclettes chaque année, c’est plonger dans les champs des possibles,  infinis, quotidiens et s’immerger dans la douceur de la route, la douceur du monde.
RANDO 2020 - CAP AU NORD
RANDO 2020 - CAP AU NORD
RANDO 2020 - CAP AU NORD
RANDO 2020 - CAP AU NORD
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Mai 2019 : Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -

26 Septembre 2019 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #Canada, #Québec, #Amérique du Nord

Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -

RETOUR AU QUÉBEC .

En terminant l’année 2018 à Montréal, l’idée de revenir au Québec nous semble une évidence.

Notre traversée du Canada à l’automne avait été très plaisante et les quelques semaines passées à Montréal et Québec city, un enchantement.

Nous laissons passer le long hiver québécois en allant passer le notre en France ...

DÉBUT MAI 2019.  
CÔTE NORD  &  LABRADOR.
De retour à Montréal, nous partons aussitôt pour un grand tour des " maritimes ". Les maritimes sont les territoires qui bordent la totalité du golfe du saint-Laurent. 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
   
Très vite en quittant Québec par la côte nord du saint-Laurent, l’habitat se disperse, la circulation est fluide. Cette route 138 est une légende, se perd dans l’immensité du golfe.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Les communes de Baie-Comeau ( à 400 km, 30 000 hts ) et de Sept-Îles ( à 600 km, 19 000 hts ) sont les deux seules villes de cette route. Les quelques villages et hameaux s’égrènent de loin en loin jusqu’à Kegaska où la route 138 se termine. 
Nous y arriverons le 13 juin.
 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -

Ensuite, le cargo/ferry "Bella Desgagnés" assure la correspondance jusqu’au village de Blanc-Sablon 400 km au nord-est. Durant ce parcours de 36 heures, le cargo s’arrête dans des villages amérindiens accessibles uniquement par la mer. Le passage hebdomadaire du bateau est un évènement. Pendant le chargement et déchargement du fret, les quelques passagers sont autorisés à descendre ... 

Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
 
Nous étions partis de Montréal depuis moins d’un mois et nous retrouvions ici, l’ivresse des grands espaces et au delà, les panoramas de notre chemin initiatique. 
Se sentir de nouveau vivre et rayonner, se sentir terriblement à notre place. 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Le spectacle tout en technicolor était sublime. Le cargo serpentait dans un labyrinthe d’îlots. Partout de la lumière et du vent à l’infini de bleu venaient saluer notre émotion. Les rares passagers étaient comme nous sur le pont et observaient les nombreux cétacés qui régulièrement, remontaient à la surface. Nous apercevions aussi notre premier iceberg. 
Notre vie est pleine de première fois et notre vie ordinaire de voyageurs nomades est chaque jour extraordinaire.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Le 29 juin, la grue du cargo déposait le container de Raymonde et Félicie 
( nom de nos bicyclettes ) sur un bout de quai à Blanc-sablon.
Nous étions à 1 550 km au nord-est de Montréal, aux portes du Labrador. Rouler quelques jours au Labrador pour aller humer les embruns de l’Atlantique nous semblait une bonne idée. 
Une boucle de 380 km nous permet d’atteindre le petit village de Mary’s Harbour qui se trouve à l’extrême pointe est du continent nord américain. 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Les bouts du monde se méritent. Celui-ci ne fait pas exception.
Cette route fût vraiment exigeante et la météo ... exécrable. 
Poursuivre une direction jusqu’a son terme géographique, à l’est, à l’ouest, au nord ou au sud est toujours un temps fort du voyage. 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
En arrivant à Mary’s Harbour sur la jetée du port, c’était la fin. Dernière route, dernière possibilité de nous déplacer à l’est sur ce continent nord-américain. Devant nous, les eaux de l’Atlantique nord faisaient défiler des icebergs tantôt bleus, gris ou blancs selon la lumière. Nous étions seuls au monde sur cette jetée. Ces instants sont uniques et restent étincelants dans nos souvenirs. 
Le retour à Blanc-sablon marqua la fin de cette première partie continentale côte-nord/Labrador.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Première partie qui nous a surpris. Tous les québécois nous avaient promis les pires difficultés et nous avaient souhaité bien du courage. C’était, selon eux, une folie de monter " la côte nord " en ce début du mois de mai. 
Le vent, le froid, la pluie étaient encore terribles et les ours, excités de l’hivernage, intenables. De plus, les moustiques, mouches noires et midges nous dévoreraient.
La réalité a été plus plaisante. Aucun ours n'est venu nous agresser et nous avons eu effectivement tous ces désagréments mais à des doses largement supportables.
La route souvent déserte nous offrait ses espaces de silence, ces instants de reliance avec l’ineffable que nous affectionnons tant.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Le soir, trouver et monter notre tente sur des spots extraordinaires était facile et plaisant. Le camping sauvage est autorisé au Canada.
Nous aimons faire du camping sauvage. La recherche du bivouac est un joli moment de la journée, ludique, plein de surprises. Terminer la journée par un campement libre, c’est rester dans l’harmonie de la route, continuer ce corps à corps avec la nature. 
Il est  pourtant facile, maintenant, avec l’informatique d’organiser et de réserver ( ! )
son couchage dans tel camping ou auberge. Cela ne nous intéresse pas. 
Nous ne savons pas où nous dormirons le soir et ne désirons pas le savoir. Les journées libres de contraintes sont la porte ouverte à l’imprévu. Alors seulement le voyage commence. L’intuition et les hasards du chemin sont les meilleurs compagnons du voyageur .

 

Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
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Mais, revenons aux maritimes et à notre embarquement pour 
Terre-Neuve.
 
UN FERRY PLUS LOIN.
TERRE-NEUVE
 
Les dernières voitures disparaissaient et le silence retombait sur Sainte-Barbe, au nord-ouest de l’île. En prenant plein sud, la route de la côte ouest, nous allions continuer à longer le golfe. 
Terre-Neuve est 5 fois plus petite que la France, mais il y a seulement 450 000 habitants ! Les îles sont toujours plus authentiques, brutes et denses que les continents.
Nous avons pris 11 jours pour effectuer les 535 km de route jusqu’au village de Port aux Basques et l’embarquement pour la Nouvelle-Écosse. L’hospitalité des habitants de l’île est légendaire. Nous serons invités 3 fois spontanément et passerons nos autres nuits en camping sauvage. 
Ici, comme nulle part dans le golfe, la côte est vierge de toute construction récente. La désertification rurale est le gros problème de l’île qui ne cesse de perdre des habitants. L’île a des atouts économiques à développer, comme la pêche et le tourisme mais les jeunes préfèrent les "lumières et le confort" de la ville. 
Tout est à vendre à Terre-Neuve. Pourtant, nous y avons vu des paysages maritimes exceptionnels où l’horizon se déploie entre terre et mer.
Les landes, les tourbières et les petites criques qui se succèdent à l’infini semblent désormais
endormis pour longtemps ...
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
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NOUVELLE-ÉCOSSE ET L’ÎLE DU PRINCE ÉDOUARD
 
Changement de décor le 6 juillet en revenant sur le continent en Nouvelle-Écosse. 
La saison estivale commençait.  Des milliers de bus camping-cars, d’énormes caravanes, sillonnaient les routes. Nous les évitions facilement en empruntant le réseau secondaire. Sur celui-ci, les fraises et framboises sauvages étaient mûres et nos arrêts fréquents. 
Les paysages étaient plus champêtres, les bourrasques de vent et les dénivelés de Terre-neuve avaient disparus.
 À Pictou, le ferry qui dessert l’île du prince Édouard est gratuit pour tous. Un réseau de pistes cyclables permet d’accéder à toutes les parties de celle-ci. Tantôt en forêt ou en campagne ou longeant la mer, nous avons passé 3 jours pratiquement sans croiser de voitures. 
Et pendant notre séjour l’alternance de pluie et de soleil couvrit les sous-bois de girolles et bolets. Le bonheur.
À l’ouest de l’île un pont de 13 km permet de rejoindre le continent et d’arriver au Nouveau-Brunswick.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
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NOUVEAU-BRUNSWICK
 
L’été et notre route maritime se poursuivait avec du soleil et de la pluie. Nous étions en plein mois de juillet et les quelques campings regroupaient les vacanciers sur les sites touristiques. Retrouver une vrai douche, de l’électricité et une connexion amène les cyclo-voyageurs à préférer certains soirs un camping.  
Les canadiens et les québécois ne sont pas des gens bruyants mais les campings n’étaient jamais silencieux à cause des clim et des groupes électrogènes des camping-cars et caravanes que nos voisins allumaient trop souvent. 
D’autre part, la tonte des gazons ne souffre d’aucune négligence et il y avait très fréquemment une tondeuse slalomant dans les villages. Nous retrouvions le calme et le silence en reprenant nos robinsonnades le lendemain. ( nuits en camping sauvage ) 
La pêche est l’économie principale du golfe du saint-Laurent. 
Shédiac, la capitale mondiale du homard est une zone de pêche de tout premier ordre. 
Du mois d’avril à juillet elle est autorisée pour les homards et des crabes des neiges. Notre fréquentation des poissonneries était assidue et nos mayonnaises à la fourchette, remarquables.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
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L’ACADIE
En arrivant à Shédiac, nous arrivions aussi en Acadie. Le drapeau acadien flottait sur tous les édifices publics. Il est parfaitement identique au drapeau français avec une étoile jaune dans le bleu. La nation acadienne n’existe pas mais les 150 000 acadiens défendent la langue française, leur histoire, leur identité, leur singularité en déclinant leur drapeau partout. Les pots de fleurs, les relax, les volets, les portes, etc, tout est bleu, blanc, rouge. Dire que nous avons été reçus et choyés est un euphémisme ...
Le littoral acadien n’est pas bien grand.  Petit à petit nous arrivions en Gaspésie. 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
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LA GASPÉSIE
 
La Gaspésie est la destination préférée des québécois pour leur vacances d’été. Son micro climat offre de très belles journées et 
les eaux les plus chaudes du golfe du saint-Laurent, notamment 
dans la baie des chaleurs, à Campbellton.
Les petites baies se succèdent abritant les villages. 
La Gaspésie est le littoral le plus touristique du golfe mais l’urbanisation reste aux antipodes de nos bords de côtes européens.
Pendant un mois nous croiserons chaque jour 5 ou 6 cyclo-voyageurs. Un record depuis la carretera australe, au Chili en 2014.
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
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Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
Partis de Québec le 21 mai 2019, nous y revenions 3 mois plus tard. Le 20 aout précisément, après 4 700 km de route.
Durant cette période nos hébergements se décomposèrent ainsi :
25 nuits en aire de camping payant
53 nuits en camping sauvage
   9 nuits chez l’habitant ( formule warmshowers ou invitation spontanée )
  4 nuits en dortoir, en auberge de jeunesse.
 
En terminant cette route des maritimes, nous fêtons nos  70 000 km  de voyage.
Cette route littorale était dans l’ensemble assez facile et disposait, comme la quasi totalité des routes du Québec et du Canada, de bandes d’arrêt d’urgence, bien pratiques pour pédaler en sécurité.        
Les canadiens/québècois conduisent avec prudence et courtoisie. 
Cette boucle marine est une très belle destination pour un voyage avec des enfants ou pour la découverte de la cyclo-randonnée.
 
Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
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Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
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Mai 2019 :  Retour au Québec - Tour des provinces maritimes -
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Le 7 septembre 2019, nous sommes rentrés aux USA par l'état du Vermont. Direction New-York et Washington .

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Terres En Roues Libres aux USA- mai-juin-juillet- 2018

5 Décembre 2018 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #Amérique du Nord, #Film, #2018

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UN TOUR DU MONDE À BICYCLETTE, LE VOYAGE INTÉRIEUR. 7 années de voyage .

18 Novembre 2018 , Rédigé par terresenroueslibres

CAMBODGE - 2012 -

7 ANNÉES DE VOYAGE.

En Équateur, les pluies quotidiennes nous amenaient à monter notre tente sous les "canchas ", ces grands gymnases communautaires où les enfants des villages se rassemblent pour jouer. 

C'était le moment magique que nous attendions. Petits et grands cessaient leurs jeux et formaient un cercle autour de nous. Le silence soudain revenu laissait entendre les chuchotements. Nous étions toujours syncro pour déployer notre tente. La toile s'ouvrait et se mettait en place en un instant. Du cercle s'élevait alors un "oh oh oh ! " d'émerveillement qui emplissait l'espace et notre cœur. 
Le meilleur moment de la journée, notre bonbon du soir.
EQUATEUR - Bivouac à l'école - avril 2017 -
EQUATEUR - Bivouac sous la cancha - mai 2017

 

EQUATEUR - Bivouac sous la cancha - mai 2017 -

Octobre 2011. 

Il y a sept ans nous quittions notre vie sédentaire pour une itinérance libre et vagabonde à bicyclette. À l'époque nous avions déjà une bonne expérience des voyages à vélo. Nous savions qu'il était vain pour nous de prévoir un itinéraire, d'organiser un calendrier, une activité quelconque.
Libre de contrainte, notre voyage commençait sur de bonnes bases. 
 
2011 - 2012 . Asie du sud-est.
Bangkok, le départ 29 octobre 2011.
Aussitôt, les destinations lointaines et les routes mythiques devenaient nos compagnons de route. Prendre la direction de la Chine, plein nord, par la piste Ho-Chi-Minh et descendre les hauts plateaux du Vietnam jusqu'à la baie d'Along remplissaient nos journées. Tout était nouveau. Notre voyage devenait notre vie. Une nouvelle vie excitante de liberté. Descendre les plaines dans les vallées de caféiers puis longer le Mékong à notre guise était merveilleux. Au milieu des rizières une envie de fraicheur nous faisait remonter les collines et les montagnes. Nous roulions de ville en ville, traversions des forêts. Tel jour nous étions aux temples d'Angkor, puis quittant le Cambodge, nous passions des cols au Laos pour aller rêver à Luang Prabang, l'ancienne capitale impériale.
Nord VIETNAM - Rizières de Sapa - mars 2012 -
VIETNAM - Baie d'Along - mars 2012 -
CAMBODGE - Temples d' Angkor - décembre 2011 -
CAMBODGE - Temple d'Angkor - décembre 2011 -

En Thaïlande le festival des éléphants de Surin n'est pas touristique. Il était sur notre route de retour pour Bangkok. Circuler dans une ville avec deux cents éléphants et leurs cornacs fut un grand bonheur. 

Soumis à la lenteur de nos bicyclettes notre vie prenait une épaisseur inconnue, une nouvelle direction. 
THAÏLANDE - Ville de Surin - novembre 2011 -

2012 - 2013. En route vers l'Afrique.

Ce galop d'essai en Asie nous avait mis en confiance. 
En septembre 2012 nous quittons Toulouse pour réaliser un vieux rêve. Aller en Afrique à bicyclette. La route était simple. Il suffisait de longer les berges de la Garonne, prendre la direction de Portet-sur Garonne, la Croix-Falgarde; puis le sud, toujours le sud.
 
Sahara Marocain
Toute l'année les quelques maisons de Cap Juby sont battues, lacérées par le vent. Le sirocco, ici, est le maître. 
Posé au bord de l'Atlantique et adossé au Sahara entre deux déserts, l'un de sable et l'autre d’eau, cet ancien relais de l'aéropostale était une étape importante pour nous. Antoine de Saint-Exupéry y vécut en 1928-1929. Il y écrivit "le petit prince". Une fleur de poésie et d'espérance écrite dans un environnement très hostile.
MAROC - Cap Juby - Sahara Occidental - Hommage à Antoine de Saint-Exupéry - janvier 2013 -

Dessine moi un mouton. Dessine moi une utopie. Nous étions partis depuis 1 an 1/2. Notre route devenait "le" chemin. Chemin de l'école du monde où nous n'avions plus à chercher puisque nous trouvions tout en cheminant. 

Petit à petit, nos cuissards en lycra se changeaient en culottes d'écoliers.
SÉNÉGAL - Un village sur la piste - mars 2013 -

Le fleuve Sénégal marque la frontière du Sahara occidental mauritanien et de l'Afrique noire sénégalaise. Ce seront tour à tour des rencontres avec les Maures, les Yoloffs, Sérères, Peuls ou Bambaras. Partout nous trouverons la même hospitalité sous "couvert des chefs de village ". Après le partage du repas, le village se rassemble autour de nous pour la veillée . Cérémonie des trois thés et concert de djembés sous la voie lactée.

Après la Gambie et la Guinée-Conakry notre route va s'arrêter au Mali. Terrassés par 2 palu nous rentrons en France pour nous soigner en décembre 2013.
Ce séjour de 14 mois en Afrique est passé comme un rêve.  Nous nous promettons de revenir. Nous verrons.
SÉNÉGAL - sur la piste vers Tambacounda - juin 2013
SÉNÉGAL - La piste vers Tambacounda - juin 2013

2014 -2018. Les 3 Amériques.

Février 2014.
Les boulevards de Buenos-Aires sont glacés. Les cabarets du quartier proposent des orchestres de tango, les pistes de danse sont bondées. Les femmes, élégantes, portent des chemisiers noirs, robes fendues et chaussures à talons. Les hommes sont tout aussi élégants, cheveux gominés ou pas. Ambiance.
À Buenos Aires, le tango c'est sérieux.
ARGENTINE - BUENOS AIRES - CARLOS GARDEL - mars 2014 -

Notre troisième année de route commence.

Une envie de soleil nous fait prendre la route du nord. L'hiver est plus doux au Brésil. Les petits désagréments de la route ont disparu, les journées de vent de pluie, le froid, les grosses chaleurs ne nous dérangent plus. Avec cette vie saine et sportive notre peau se tanne, notre corps se muscle, notre santé s'améliore, l'esprit se libère. 
Nous changeons.
BRÉSIL - État du Mato Grosso do Sul - août 2014 -

Nous effectuons rarement plus de 80 km par jour. Toujours moins aux premières difficultés. La lenteur est notre règle. Elle ouvre au silence, à la contemplation. L'énergie et la concentration nécessaire à la vitesse sont alors disponibles pour l'inutile ou l'essentiel.

Nous ne voulons plus être rapides, efficaces et rationnels alors que notre voyage est forcément lent, aléatoire et intuitif.
Ayant terminé de courir après le temps, nous voici gourmands de présent.
Fleuve Paraguay - avril 2014 -

Le nord-est de l'Argentine est une zone humide entre les fleuves Paraguay et Paraná. Nous arrivons à Ascension au Paraguay à Pâques. La semaine sainte est extrêmement importante en Amérique du sud. Partager la Passion du Christ avec Julia, Delio et le village de San Ignacio fut un temps fort.

PARAGUAY - Semaine Sainte - Village de SAN IGNACIO - avril 2014

En septembre, nous quittons Montevidéo et traversons le rio de la Plata pour revenir à Buenos-Aires. C'est le début du printemps et nous pouvons prendre la route du sud. Nous arriverons à Ushuaia dans l'été ...

ARGENTINE - Arrivée à Ushuaia - 25 janvier 2015 -

Nous campons systématiquement toute l'année, partout. Excepté dans les villes, naturellement. Nous cumulons plus de 730 nuits ( 2 années ) sous notre tente. Cette forme de voyage nous convient. Tributaires des saisons, de la météo, nos journées commencent et se terminent avec la lumière du jour.

Retour à la simplicité.

 Ce corps à corps avec la nuit, le vent, la terre, procure un plein d'énergie incroyable.Le matin nous reprenons nos bicyclettes. 

Retour à l'élémentaire.

BOLIVIE - Bivouac sur l'altiplano - 3850m - juillet 2016

La luminosité cristalline de cette fin de journée inonde le détroit de Magellan. Nous avons vu 3 voitures aujourd'hui. Les utilitaires des estancias voisines. Il y a 6 jours que nous sommes seuls au monde, ici en Terre de feu. Nos provisions sont finies, il faut maintenant retourner sur la "ruta 3" pour retrouver un commerce. 

CHILI - Détroit de Magellan - janvier 2015 -

Nous recherchons les itinéraires déserts, le silence, les rendez-vous avec l'intime. Instants de reliance, à soi, à l'autre, à l'humanité entière, au mystère qui nous dépasse.

Les paysages sublimes qui nous sont offerts sont propices à ces moments de solitude, précieuses alchimies. 
La meseta argentine, les salars de Bolivie, la vallée sacrée au Pérou, la route de l'Amazone en Équateur sont des portes pour l'imaginaire.
BOLIVIE - Salar de Coïpasa - juillet 2016 -
ARGENTINE - Sur la meseta - août 2015 -
PÉROU - Machu Picchu - août 2016 -
ÉQUATEUR - Amazonie - mai 2017 -

Les îles, nous les adorons. La vie y est toujours plus douce. L'insularité préserve les patrimoines et les coutumes. L'île d'Ometepe sur le lac Nicaragua ne fait pas exception. 

Nous y fêterons nos 6 années de nomadisme. Un joli lieu sur la terre pour cet anniversaire.
NICARAGUA - Île d'Ometepe - octobre 2017 -
 
La vie de cyclo-nomades permet de gagner facilement la bataille contre l'envahissement des objets. Ce choix de vie exempt de confort matériel recentre sur l'essentiel. Le dépouillement des bagages devient une chance, un fonctionnement souhaité et vite jubilatoire. Le moindre superflu apparait comme un encombrement, un danger qui viendrait menacer cet ascétisme fécond. Il est simple, alors de rompre le cycle infernal des désirs qui se changent vite - et toujours - en besoin. Ces besoins forcement insatisfaits amènent de la frustration. De la frustration nait notre souffrance. 
C'est cela. On ne souffre que de nos désirs.
Un voyage à bicyclette. Un embarquement vers la sagesse ?
 
2018 
Nous arrivons aux États-Unis en mai 2018.
 Changement de décor, changement de braquet. C'est la première fois ( mis à part 2 mois en Espagne en 2012) depuis notre départ que nous allons voyager en Occident. 
USA - Grand canyon du Colorado - mai 2018 -
La route des grands parcs nationaux de l'ouest américain a été un pur bonheur. Le grand canyon du Colorado, Monument Valley sont des légendes. Les découvrir en y arrivant avec Raymonde et Félicie (noms de nos bicyclettes ) était un rêve. 
Un moment de grâce.
USA - Monument Valley - juin 2018 -

29 octobre 2018 

Nous fêtons à Québec notre septième année de voyage. Nous continuerons à suivre les hasards de la route, toujours bienveillants et bienvenus. 
Notre vie-voyage bouscule et décloisonne notre regard sur le monde, interroge nos certitudes et lève le voile sur ce qui est beau, important, essentiel. 
Cette vie vagabonde, généreuse, pleine de surprises nous plait, car ce voyage nous malaxe, nous façonne et nous transforme.
Nous inspire et nous élève.
Le voyage intérieur.
 
                                              Comme il vous plaira 
                   
Eh bien, mes compagnons, mes frères d'exil,
la vieille habitude n'a t'elle pas rendu la vie plus douce
que celle d'une pompe fardée ?
Cette forêt n'est-elle pas plus exempte de dangers
qu'une cour envieuse ?
Ici nous ne subissons que la pénalité d'Adam,
la différence des saisons.
Si de sa dent glacée,
de son souffle brutal, le vent d'hiver
mord et fouette mon corps
jusqu'à ce que je grelotte de froid 
je souris et je dis :
Ici point de flatterie,
voilà un conseiller qui me fait sentir ce que je suis.
 
Doux sont les procédés de l'adversité.
Comme le crapaud hideux et vénéneux 
elle porte un précieux joyau dans sa tête.
 
Cette existence à l'abri de la cohue publique,
révèle des voix dans les arbres,
des livres dans les ruisseaux,
des sermons dans les pierres,
et le bien en toutes choses.
Je ne voudrais rien changer.
 
 William Shakespeare 
 Comme il vous plaira , acte II , scène I .
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Un automne au Canada - 8 août 2018 / 26 novembre 2018

17 Novembre 2018 , Rédigé par terresenroueslibres Publié dans #Canada

Un automne au Canada - 8 août 2018 / 26 novembre 2018

La petite ville de Cardston dans l'Alberta est paisible au milieu des blés à 20 km des États-Unis. Le camping situé au centre ville nous convient pour nous reposer après notre sprint américain.

Dans quelques jours nous reprendrons nos bicyclettes pour un autre sprint.
 Il nous faudrait arriver à Québec avant l'hiver ...
Notre route est simple, s'annonce plaisante. Longer la frontière en traversant l'Alberta, le Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario pour arriver au Québec, à Québec avant d'être bloqué par la neige. 
4 400 km nous sépare de la ville de Québec.
 
 
Un automne au Canada - 8 août 2018 / 26 novembre 2018
L'été se traine sur l'avenue et les gazons se colorent des premières feuilles de l'automne. Nous préparons notre départ.
Le Canada est un grand désert. La moitié des 36 millions de canadiens vivent dans les villes et les agglomérations d'Ottawa, Toronto, Montréal, Québec. 

 

Les territoires de l'ouest, 
L'Alberta, le Saskatchewan, le Manitoba.
Les machines agricoles pareilles à d'énormes paquebots semblent immobiles et perdues dans ces mers de blés qui cernent notre route. Les derniers épis viennent mourir en contrebas du talus comme les vagues sur une plage. La route vient rompre les larges lignes de coupes que les moissonneuses laissent derrière elles. Comme les bateaux à l'approche de la côte, elles choisissent un chemin plus sûr et s'éloignent en laissant une odeur de foin coupé, une envolée d'oiseaux. 
Alors nous poursuivons notre route pour retrouver plus loin, les blés d'avant la moisson, la houle des épis dans le vent, les couleurs de l'été. 
Une fois de plus, nous sommes seuls au monde sur ces routes agricoles. Régulièrement de monumentales machines investissent un coin d'horizon et commencent leur va-et-vient dans un balai sans fin. L'homme a disparu de ces danses mécaniques. Nous retrouverons sa compagnie au prochain village, ce soir ou demain. Nos réserves d'eau seules décident de la route. Nos prévoyantes provisions nous offrent le loisir de bivouaquer à notre guise. 
Le soir, nous nous écartons de la route pour monter nos campements.   Le bruit des rares voitures disparait. L'obscurité, le silence bordent notre sommeil jusqu'au matin.
Les possibilités de bivouaquer librement sont infinies. Nous "robinsonnons" pratiquement tout les soirs dans "les territoires de l'ouest". Nous trouvons un jour sur l'autre un petit village pour les courses basiques. Une cyclo-randonnée au Canada du sud ne pose aucun problème de logistique.
Quelquefois, une alternance de déserts troublait l'ordre des journées. Après un désert de blé commençait un désert de landes. Nous aimons les déserts où aucune distraction ne vient déranger nos pérégrinations mentales. 
Déserts d'eau, de sapins, de sables ou de blés. Les déserts offrent par leurs silences, la reliance au temps. Temps intérieur de reliance, avec soi ou à l'intime du chemin. 
Parallèlement leurs immensités nous connectent avec l'espace.
Possible pont avec le sacré. Les déserts sont l'évidence du chemin. 
Les arbres que nous voyons depuis quelques jours sont plus nombreux, leurs fréquences rapprochées. Les oiseaux annoncent des zones humides plus vastes. Les paysages prennent quelques rondeurs, la route s'élève, les bosquets se transforment en forêts. Nous arrivons en Ontario.
Depuis notre arrivée au Canada nous goutons à la magnifique hospitalité des canadiens. Dans notre palmarès planétaire, le Canada se situe dans le groupe de tête des pays les plus accueillants. Dans la vie quotidienne, le respect de l'autre, de la propriété semble être la seule norme. 
De plus, les routes sont sures, les limitations de vitesse respectées, 
la conduite "comprise". 
Depuis quelques jours nous cyclotons avec Thomas. Comme nous, il se rend à Montréal. Nous choisissons de voyager ensemble après notre rencontre dans le Saskatchewan. Après 3 semaines de routes partagées, Thomas file seul à Montréal. 
Nous préférons les déserts de sapins et de pins. Surtout en automne pour les cèpes.
Notre bassine était toujours pleine en fin de journée. Ici, pas besoin "d'aller aux cèpes" pour en ramasser. Un œil sur la route et l'autre sur le talus, la cueillette ne trainait pas. Le soir, nous cuisinions les plus beaux.
La route 17 longe le lac Supérieur, le plus grand lac d'eau douce de la planète. Nous bivouaquions souvent avec nos champignons, sur les plages de ce géant aussi grand qu'une mer.
Les premières journées de pluie furent bienvenues. La météo annonça vite le retour du soleil mais pas celui des champignons. Nos scannages de talus devinrent impitoyables.
Au dessus de nous, très haut dans ces ciels d'automne, des milliers d'oiseaux mûs par un instinct sans faille, prenaient la direction du sud et coupaient notre route. Leurs cris trahissaient leurs présences. C'étaient des oies sauvages. Leur formation ondulait comme des lianes gigantesques. Les oiseaux, alternants planés immobiles et battements d'ailes, rompaient alors ces fragiles colonnes qui aussitôt se reformaient encore plus grandes, toutes différentes. Remplacements permanents des premières qui se laissaient glisser pour laisser la direction du groupe à d'autres. Chacune jouant là-haut la même mystérieuse partition. Le froid était maintenant plus sensible, la clarté et l'ensoleillement diminuaient.
Comme elles, nous allions nous aussi rejoindre des terres plus hospitalières. Notre route à nous était lente et nous arrivions petit à petit au Québec.
24 octobre 2018, au Québec,
Notre route 2018 s'achève . Nous sommes à Québec. Le Saint-Laurent est devant nous et ici s'ouvre la baie où il mêle ses eaux à celles de l'Atlantique nord. 
Le studio du quartier Limoilou que Charles nous offre est central, à 20 minutes à pied du centre historique. Charles, nous l'avions croisé sur la route, une fin d'après-midi, il y a 1 an 1/2 en Équateur. Le courant était passé et les correspondances avaient suivies, réciproques. Encore une magie du voyage. 
Après 4 jours il est temps de rentrer à Montréal pour attendre notre avion. Nous empruntons le traversier qui effectue la rotation avec la rive sud. 
Sur la route, nous passons voir Hélène et Édith rencontrées au mois de mai en Arizona, Charles et Denise rencontrés en Argentine en décembre 2014 et passons  quelques jours en résidence à L’Assomption, chez Yvon et Caroline, que nous avions croisé à Valparaiso ( Chili ) l'été 2015. À Montréal, Brigitte que nous avions rencontrée en Arizona met généreusement a notre disposition sa maison et son appartement en sous sol .
Nous nous offrons avec certains voyageurs des histoires merveilleuses. Des histoires improbables, longues d'innombrables lendemains. 
La générosité et l'intérêt que les québécois nous offrent surpassent même l'accueil des marocains et argentins. On ne pensait pas cette chose possible.
Les maisons nous seront ouvertes avec générosité, partout. C'est un privilège que de partager la table d'Hélène et Édith, de Brigitte, Charles et DeniseYvon et Caroline, ou celle de Patrick et Stéphanie, Alexandra et Keith
Merci à tous. De ce que vous êtes.
En arrivant du Canada anglophone le voyageur au Québec à l'impression de changer de pays. Le Québec est francophone et nous sommes en famille, à l'aise chez nos cousins !
Le Québec affirme son identité face aux autres provinces en luttant contre les anglicismes.
Un stop est un arrêt.

Un drive in est un service au volant.

Un salon de quilles, un billard.
Et les gens sortent en fin de semaine .
L'accent et le langage des québécois nous évoquent une fraicheur, une relation "bon enfant", une forme de naïveté et d'honnêteté qui semble naturelle.
Le modèle nord-américain se lisse, s'estompe. À l'entrée des villes, les enseignes des grandes chaines sont moins envahissantes. L'architecture des centres villes est plus ancienne et la présence de commerces privés, de boutiques bio et des métiers de bouche nous convient. 
Les lieux de convivialité sont nombreux. Il est facile de s'assoir dans une boulangerie, fromagerie et d'y manger sur place. Les produits ont du goût. Les pâtisseries des cafés littéraires sont excellentes et la francophonie est absolument délicieuse à entendre.
Au Québec, la courtoisie est la règle, les formules de politesse souvent interrogatives nous surprennent. 
Bon matin, comment allez-vous ? demandent les caissières de supermarchés québécois.
Les expressions sont innombrables. C'est pas pire si vos bottines vont avec vos babines. Il faut le savoir.
Sans les connaître, leur compréhension est possible ...
Frapper son Waterloo, c'est subir un échec. Pelleter par en avant, faire un travail à l'envers. En buvant excessivement on se paquette la fraise. 
Des tournures qui nous parlent. 
Le soir, il est facile de sortir et d'aller souper aux "Saucisses complices" ou" À la fin de la faim". Comprenez-vous ?
À Montréal les pistes cyclables et les boutiques vélos sont nombreuses, la pratique de la bicyclette bien ancrée dans les usages dès le retour du printemps. 
Nous magasinerons les boutiques de cycles à la recherche de cartons vélos pour emballer nos bicyclettes. 
Cette année Raymonde et Félicie rentrent avec nous.
Retour en démocrasseuse.

 

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